Le pacte d’actionnaires de RCS Mediagroup va être prématurément dissous
La structure du capital de RCS Mediagroup, contrôlé par de grands groupes industriels et financiers transalpins, devrait rapidement évoluer. De façon inattendue, ces derniers ont en effet annoncé hier soir que le pacte d’actionnaires qui les liait «ne serait pas renouvelé ultérieurement et cesserait de manière anticipée (…) d’ici à la fin du mois en cours», alors qu’il était censé expirer le 14 mars 2014. Ce pacte, qui rassemble à l’heure actuelle un peu plus de 60% du capital de l’éditeur du Corriere de la Serra, comprend principalement Fiat, Mediobanca, Fondiaria-SAI, Intesa Sanpaolo, Edison, Generali, ou l’homme d’affaires Diego Della Valle, patron du groupe de chaussures Tod’s.
Les participants expliquent leur décision par leur «ferme conviction qu’une gestion et une gouvernance efficaces, hautement responsables, ne requièrent plus le type de collaboration assuré par le pacte». Chaque membre, une fois le pacte dissous, se réserve par ailleurs la «pleine autonomie» en matière de décision pour l’exercice des droits liés à ses titres, précise le texte. La formule du pacte d’actionnaires a été largement utilisée pendant des décennies en Italie, ce qui a permis à un nombre limité de personnes de conserver le contrôle des sociétés les plus influentes du pays. Mais elle commence à être passée de mode au vu de la difficulté des entreprises à améliorer leur rentabilité dans un contexte de récession prolongée.
Confronté à des difficultés opérationnelles et financières, le groupe d’édition milanais a été contraint en juillet dernier d’augmenter son capital de 410 millions d’euros, plus de 90% de ce montant ayant été souscrit par les actionnaires existants et le reste par un consortium bancaire. A l’occasion de cette opération, Fiat, par ailleurs propriétaire du quotidien La Stampa, a doublé le niveau de sa participation dans RCS, considérée comme stratégique, pour la porter à 20%. «C'était nécessaire. La gouvernance d’entreprise laissait à désirer avec l’interférence des actionnaires», estime une source proche du dossier.
La recapitalisation du groupe s’est accompagnée de la mise à disposition d’une facilité de crédit totalisant 600 milliions d’euros, avec un coût annuel fixé à 470 points de base au-dessus de l’Euribor. Au premier semestre 2013, RCS a dégagé une perte nette de 125 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 648 millions, en repli de 14,7% d’une année sur l’autre.
Plus d'articles du même thème
-
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale. -
En Inde, la cotation de Jio accumule les records
Issu du groupe Reliance, contrôlé par la famille Ambani, l’opérateur télécom a signé mercredi 28 octobre une spectaculaire entrée en Bourse pour son premier jour de cotation. Au point de devenir la deuxième capitalisation boursière indienne.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Lignes de fondUn succès de l’IPO d’Anthropic planterait le dernier clou dans le cercueil de l’ESG
Le géant de l’IA fait de son mieux pour paraître au seuil de Wall Street vêtu de probité candide et de lin blanc. Pourtant... -
SagesseL’Allemagne tente de construire une politique chinoise cohérente
Pendant que le président allemand se trouve en Chine, le chancelier fait une tournée asiatique avec Pékin en toile de fond -
DiagnosticProgressisme contre illibéralisme : les leçons de Jean-Christophe Cambadélis
Grand défenseur de la social-démocratie, l'ancien dirigeant du PS explique pourquoi le progressisme perd sa centralité et les élections face au national-populisme