Le nouveau patron d’AstraZeneca s’attaque à une montagne

Sur fond de pertes de brevets et de restructuration, le groupe table sur une nouvelle baisse de l’activité et des résultats en 2013
Benoît Menou

La tâche qui attend Pascal Soriot a tout des travaux d’Hercule. Directeur général d’AstraZeneca depuis le 1er octobre dernier, cet ancien cadre de Sanofi et de Roche doit présenter sa stratégie aux investisseurs le 21 mars prochain. C’est peu dire qu’il est attendu au tournant au regard des difficultés auxquelles fait face le groupe pharmaceutique britannique.

Les piètres résultats 2012 publiés hier «reflètent une intense période de perte de brevets et des conditions de marchés difficiles à travers le monde», a souligné le dirigeant, qui vise déjà le retour à une position de «leadership scientifique».

Cette dernière ne devra pas faire oublier l’exigence de «forte discipline financière», a clamé Pascal Soriot, qui depuis son arrivée a mis au rebut les prévisions chiffrées de l’ancienne équipe dirigeante et s’est séparé des responsables de la recherche et des ventes. Le nouveau capitaine compte notamment mettre l’accent sur des secteurs en forte croissance comme les marchés émergents ou le traitement du diabète, voire sur la croissance externe, après que le groupe a annoncé début 2012 un plan de 7.300 suppressions de postes.

L’an passé, le chiffre d’affaires a chuté de 17% (15% à changes constants), à 28 milliards de dollars. AstraZeneca attribue directement 13 points de cette baisse (soit environ 4,5 milliards de dollars) à la perte de brevets. Les ventes ont accusé un repli de 21% aux Etats-Unis (32% du total) et de 24% en Europe occidentale (19%). Elles ont été stables au sein des marchés émergents (17%), avec un gain de 20% en Chine, un marché qui a contribué l’an passé à hauteur de 5% du chiffre d’affaires total d’AstraZeneca. Les résultats d’exploitation et imposable ajustés ont plongé de 21% (13,2 milliards) et 22% (12,7 milliards).

Surtout, le groupe a prévenu que le brouillard n’allait pas se dissiper cette année. Contrairement à des concurrents comme GlaxoSmithKline ou Sanofi, le pire moment de la vague de perte de brevets est encore à venir pour AstraZeneca, qui verra des produits représentant 40% de ses ventes perdre leur protection d’ici fin 2014.

Le groupe, qui subit également les mesures d’austérité publique, particulièrement en Europe, table ainsi sur un repli de 5 à 10% des ventes à changes constants en 2013 et sur une baisse du résultat net par action «significativement supérieure» sous le coup d’une hausse des coûts d’exploitation.

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