Le nouveau pacte chez EADS rapporte 1,19 milliard d’euros à l’Etat français

L’Etat a achevé vendredi son processus de descente au capital du groupe pour revenir à 12%, comme l’Allemagne, avec une faible décote
Olivier Pinaud

L’Etat français a géré assez habilement sa descente au capital d’EADS. Devant réduire sa participation de 15% à 12% dans le groupe aérospatial et de défense afin de se mettre au même niveau que l’Allemagne, conformément au nouveau pacte d’actionnaires conclu en décembre 2012, l’Agence des participations de l’Etat a achevé le processus vendredi dernier. Sa sortie partielle aura permis à l’Etat de récolter au total un peu moins de 1,19 milliard d’euros, profitant pleinement de l’envolée de 50% du cours de l’action EADS depuis l’annonce du nouveau pacte le 5 décembre.

Selon le ministère de l’Economie, ces ressources en fonds propres seront attribuées à de «nouveaux secteurs porteurs de développement économique», sans plus de détails. Les 448 millions d’euros encaissés fin mars de la vente par l’Etat de 3,12% du capital de Safran avaient par exemple été orientés vers les fonds propres de la Banque publique d’investissement.

L’allégement de l’Etat français avait débuté mi-avril par la cession de 13 millions d’actions directement à EADS, pour un montant de 483 millions d’euros, dans le cadre du programme de rachat d’actions mis en œuvre par la société. Il s’est achevé vendredi par la vente de 17,6 millions d’actions EADS, soit 2,1% du capital, pour 707 millions d’euros. Le placement par constitution d’un livre d’ordres accélérée a été réalisé par UBS.

Les titres ont été vendus 40,10 euros, avec une décote de seulement 1,35%, la plus faible consentie par tous les autres actionnaires d’EADS qui se sont récemment allégés au capital. Le prix est également le plus élevé: l’Etat espagnol, qui avait ouvert le processus début avril, a cédé ses titres à 39,75 euros pièce, Lagardère à 37,35 euros et Daimler à 37 euros. En intervenant en dernier sur le marché, l’Etat français a profité du rebond du cours de l’action, une fois passés les gros blocs de Lagardère et de Daimler (7,5% chacun).

Ce dernier placement met fin à une réorganisation profonde du capital d’EADS. Au total, en à peine trois semaines, près de 19% des actions du groupe d’aéronautique ont été remises sur le marché. Oddo Securities rappelle qu’EADS peut encore reprendre 6,1% de son capital en Bourse, conformément à son programme de rachats d’actions. Une intervention qui permettra de rééquilibrer le marché du titre.

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