Le mystère demeure sur les intentions de Covéa à l’égard de Scor
Covéa semble avoir tiré un trait sur un rachat de Scor. «Nous avons indiqué fin janvier (qu’une acquisition de) Scor ne faisait plus partie de nos options stratégiques. C’est toujours le cas», a déclaré Thierry Francq, directeur de cabinet de Thierry Derez, le PDG de l’assureur mutualiste, hier. Covéa n’en demeure pas moins le premier actionnaire du réassureur, avec 8,17% du capital et 8,57% des droits de vote, selon le site internet de Scor. Covéa a cependant le droit de détenir plus de 10% de Scor depuis l’expiration, le 7 avril dernier, de l’accord de standstill qui l’en empêchait.
Une certitude, le groupe entend bien «exercer» ses droits de vote lors de l’assemblée générale (AG) du réassureur, qui se déroulera vendredi, Scor «restant un enjeu patrimonial pour nous», a indiqué Thierry Francq. L’AG de Scor revêt un enjeu particulier cette année : le fonds activiste Ciam, propriétaire d’environ 1% de Scor et qui reproche au réassureur d’avoir rejeté l’an dernier une approche de Covéa, a déposé une résolution visant à priver Denis Kessler de son mandat d’administrateur et à forcer ainsi la dissociation des fonctions du PDG de Scor.
«Il y a un problème de gouvernance et de succession chez Scor, mais il ne faut pas le traiter pour de mauvaises raisons. Les actionnaires minoritaires n’ont pas intérêt à débarquer Denis Kessler pour favoriser une offre de Covéa au rabais», nuance un actionnaire du réassureur, qui votera contre la proposition de Ciam. «Nous n’avons aucune concertation avec aucun des actionnaires de Scor», a précisé Thierry Francq. Après Covéa, les principaux actionnaires du réassureur sont Allianz Global Investors, avec 5,39% du capital, Tweedy Browne (4,17%), Alecta (4,14%) et BlackRock (3,54%). Thierry Francq a ajouté que Scor n’avait pas déposé de résolutions mais a refusé d’indiquer si le groupe le ferait d’ici à vendredi.
Au-delà de l’AG, la question est de savoir ce que Covéa fera de sa participation dans Scor, valorisée 620 millions d’euros sur la base du cours actuel. Un cours qui n’était plus que de 39,60 euros mardi, après avoir atteint un plus haut annuel de 43,59 euros le 13 novembre 2018, soit peu ou prou le prix de 43 euros sur la base duquel Covéa avait proposé de racheter Scor. Interrogé sur la possibilité d’acquérir un autre réassureur tout en demeurant actionnaire de Scor, Thierry Derez a répondu que «les options stratégiques (étaient) sous revue».
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