Le moral des patrons de PME françaises repart brutalement en baisse
Les turbulences boursières de l’été ont radicalement changé l’opinion des patrons de PME françaises sur leur condition de financement, si l’on en croit le 11e baromètre trimestriel KPMG-CGPME. Interrogés entre le 14 et le 20 septembre, les dirigeants de 402 entreprises de 10 à 500 salariés sont à 85% «inquiets pour l’économie française», soit une hausse de 19 points depuis le plancher de juin dernier. Un niveau désormais proche du pic de 87% du premier trimestre 2009, date de création du baromètre. 62% des sondés craignent les conséquences de la crise sur l’activité de leur entreprise, avec une préoccupation plus forte dans le secteur industriel (65%) ou le BTP (73%).
S’ils sont moins nombreux qu’en juin (59%, -10 points) à anticiper «des hausses sur les coûts ou les prix des fournisseurs», 45% des responsables (+9 points) citent le recul du chiffre d’affaires comme l’une des principales difficultés rencontrées, devant les problèmes de trésorerie et de financement (+3 points à 29%). Ils sont 30% (+10 points) à faire état d’un «impact négatif important» de la crise sur l’accès au crédit, alors même que 66% d’entre eux (+3 points) signalent l’existence d’au moins un besoin de financement. 63% des PME (contre 52%) utilisent alors un crédit à taux fixe pour financer l’exploitation, une proportion qui atteint 83% dans le commerce.
Près d’une PME sur deux (49%, -2 points) a recours au crédit pour financer des investissements de remplacement. L’accès au crédit plus ardu entraîne pour 26% d’entre elles (+3 points) une limitation des investissements ou des demandes de financement. 71% (-3 points) sont confrontées à au moins une mesure de durcissement du crédit, ce qui se traduit dans 50% des cas (+2 points) par «des frais élevés ou des montants plus faibles que souhaités» ou dans 34% des cas (-2 points) par des «demandes de garanties supplémentaires».
37% des dirigeants (+4 points) envisagent de réexaminer leurs lignes de crédit et 40% (-4 points) sont prêt à étudier les conditions de banques concurrentes, à comparer à un pic de 49% atteint début 2009. Si 46% des responsables estiment que le durcissement de la fiscalité sur les heures supplémentaires aura un impact défavorable sur leur activité, seuls 19% jugent que la baisse supplémentaire de 10% des économies d’impôts sur les niches fiscales aura un effet négatif sur les décisions d’investissement.
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