Le modèle de Veolia et de Suez vacille sur ses bases
Le rapprochement des deux groupes devait notamment permettre de répondre à l'érosion de la rentabilité de leur métier historique dans l’eau
Publié le
Olivier Pinaud
Illustration: Patrice Alby/Agefi
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Veolia et Suez Environnement ne fusionneront pas. L’ampleur des obstacles qu’aurait provoqués le rapprochement des deux premiers groupes mondiaux de gestion de l’eau et des déchets a eu raison des discussions exploratoires. La taille ultra dominante du nouvel ensemble, principalement dans l’eau en France, avec près de 60% du marché, aurait interdit toute fusion sans d’importantes cessions d’actifs, ce qui aurait annulé une partie des bénéfices du rapprochement.
En fusionnant, Veolia et Suez pouvaient en effet espérer pouvoir mutualiser leur coûts et contrer le déclin de leur activité respective dans l’eau en France, métiers dont les cash-flows passés permettaient de financer le développement à l’international. Car depuis quelques années, notamment sous l’effet des lois Sapin en 1993 et Barnier en 1995, les deux géants de l’eau doivent composer avec une nouvelle concurrence qui a mis à mal leurs marges. La nouvelle législation a limité à quinze ans la durée des contrats de distribution d’eau passés par les collectivités françaises. Rien à voir avec les marchés historiques dont la longévité se comptait souvent en plusieurs dizaines d’années sans véritable remise en cause. Mieux, ou pire si l’on se place d’un côté de l’industriel, l’arrêt Olivet du conseil d’État permet aux élus de rompre les contrats supérieurs à vingt ans à partir de 2015.
Conséquence, c’est tout un pan de l’activité de Veolia et de Suez qui arrive à échéance dans les cinq prochaines années. Avec des dégâts redoutables sur les tarifs, les collectivités profitant de ces renouvellements pour renégocier les prix. Suez Environnement a déjà constaté, entre 2010 et 2011, une baisse moyenne de 12% du prix des contrats renouvelés. Le tout sur des volumes de vente orientés à la baisse (-1% environ) sous l’effet d’une baisse de la consommation.
Entre 2012 et 2015, 22% du chiffre d’affaires de la division eau de Veolia en France doit être renouvelé. Le groupe a déjà calculé, sur la base des baisses de prix moyennes, que cela devrait amputer de 40 à 45 millions par an son Ebitda, soit quasiment 10% du montant attendu pour 2012 (473 millions d’euros selon Deutsche Bank). Un impact immédiat sur la valorisation de la société. Les analystes de la banque allemande rappellent que l’eau en France représente à seule 18% de la valeur d’entreprise de Veolia, soit le plus important contributeur au modèle.
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