Le Mexique veut ouvrir le capital des sociétés de télécoms aux étrangers
Le gouvernement mexicain s’attaque à la toute puissance de Carlos Slim, magnat des télécoms et homme le plus riche du monde. Le projet de loi très attendu prévoit d’augmenter le seuil de détention par des étrangers au sein des sociétés de téléphonie et de médias. «L’objectif de ces mesures est de libérer le potentiel du secteur, et de le faire aussi rapidement que possible», a expliqué le président mexicain, Enrique Peña Nieto. D’après l’OCDE, le Mexique est l’un des pays les plus en retard en termes d’investissements en téléphonie par habitant, et les dysfonctionnements actuels dans le secteur coûteraient plus de 30 milliards de dollars par an au pays. Le ministre des Finances mexicain estime que cette réforme pourrait apporter un point de croissance.
Actuellement, le secteur est largement dominé par quelques acteurs. Carlos Slim contrôle environ 70% du marché de la téléphonie mobile et 80% des lignes fixes au Mexique via ses sociétés Telmex et America Movil. Pour sa part, Televisa, contrôlé par le milliardaire Emilio Azcarraga, détient 70% du marché télévisuel local et 45% de la télévision par câble.
Or, selon le projet de loi, tout contrôle du marché à plus de 50% serait considéré comme dominant. Les acteurs concernés pourraient ainsi se voir sanctionnés et être contraints à des cessions d’actifs. Néanmoins, America Movil comme Televisa ont salué cette réforme, le premier se félicitant de la possibilité de l’arrivée de nouveaux capitaux dont le secteur a besoin.
Le texte prévoit en effet que les investisseurs étrangers puissent détenir jusqu’à 49% du capital des chaines de télévision. Le marché anticipe déjà l’arrivée de l’opérateur espagnol Telefonica au capital des mexicains, Maxcom ou Axtel. Toujours pour favoriser la concurrence, le projet de loi propose la mise aux enchères de droits pour deux nouvelles chaînes de télévision, processus qui sera fermé aux deux plus grands acteurs mexicains Televisa et TV Azteca. En revanche, Carlos Slim, absent du secteur, pourrait se positionner. Parallèlement, un nouveau régulateur des télécoms sera installé (IFT), ainsi que des tribunaux spécialisés dans les litiges de concurrence.
Rien n’est toutefois encore gagné, Enrique Peña Nieto n’ayant pas la majorité au Congrès… Toutefois certains espèrent un vote à la chambre avant la fin de la semaine proche et une adoption par le Sénat avant la fin avril.
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