Le mariage entre Publicis et Omnicom place Havas au centre du jeu
L’onde de choc provoquée par l’annonce dimanche du projet de fusion entre Publicis et Omnicom s’est répandue toute la journée d’hier sur le secteur de la publicité et devrait se faire sentir pendant encore longtemps. En créant un groupe 1,5 fois plus gros que son premier concurrent WPP, ancien numéro un mondial, Publicis et Omnicom bousculent en effet totalement les équilibres du marché.
Dans un premier temps, le rapprochement des numéros deux et trois mondiaux du secteur va bénéficier à leurs concurrents. Ces derniers, qui se sont tous réjouis hier de l’opération, vont inévitablement profiter des conflits potentiels entre annonceurs rivaux réunis sous un même toit, comme Samsung et Apple ou Coca Cola et Pepsi, pour gagner quelques contrats au passage. Martin Sorrell, le directeur général de WPP, était déjà à l’oeuvre hier pour tenter de récupérer des annonceurs.
Selon les analystes de Natixis, «dans ce contexte, Havas pourrait être perçu comme une structure attractive». «Plus flexible et plus agile», le groupe a déjà «su habillement exploiter ce positionnement depuis quelques années» pour gagner des parts de marché. Le groupe contrôlé par Vincent Bolloré pourrait également profiter du chahut interne provoqué par le mariage avec Omnicom pour récupérer des talents chez son concurrent Publicis. Enfin, en supprimant un concurrent, la fusion contribuera à apaiser la compétition tarifaire entre les différentes agences.
Mais dans un second temps, la réponse des concurrents distancés passera par une nouvelle vague de consolidation, estiment les analystes de Deutsche Bank, qui citent Havas et MDC Partners comme les deux cibles naturelles du secteur. Même si Havas tire sa force de sa taille relativement modeste par rapport à ses grands concurrents, le groupe apparaît aujourd’hui marginalisé. Son chiffre d’affaires annuel sera dix fois inférieur à celui du futur groupe Publicis-Omnicom.
Les analystes d’Exane BNP Paribas ne voient pas WPP «tenter d’acquérir Havas ou Interpublic en réaction à l’opération Publicis-Omnicom, notamment en raison des plus faibles taux de croissance organique affichés au cours des deux ou trois dernières années». En revanche, IPG, qui était considéré comme la cible idéale pour Publicis, va se retrouver isolé entre WPP et Dentsu. Ce qui pourrait l’inciter à passer à l’offensive. Le cours de l’action Havas a progressé hier de 4,68% à 5,66 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France