Le marché s’interroge sur la possibilité d’un nouvel assaut de Pfizer sur AstraZeneca
Une nouvelle étape débute pour Pfizer et AstraZeneca. A partir d’aujourd’hui, les deux laboratoires sont de nouveau autorisés par la réglementation boursière britannique à discuter en vue d’un rapprochement. Toutefois, une éventuelle offre ne pourra pas être déposée avant la fin du délai d’abstention de six mois, soit à compter du 26 novembre.
Le 26 mai dernier, Pfizer avait jeté l’éponge après une bataille à rebondissements. Fin avril, le groupe américain avait annoncé officiellement une première offre de près de 59 milliards de livres (près de 100 milliards de dollars) sur AstraZeneca, tout en révélant que les premières approches avaient débuté dès le mois de janvier. Le prédateur a progressivement relevé son offre jusqu’à 69,4 milliards de livres, tout en augmentant la part de cash de 30% à 45%. Cette quatrième offre à 55 livres par action a toutefois été rejetée par le laboratoire anglo-suédois, estimant que son conseil d’administration n’étudierait pas le dossier à moins de 58,85 livres par action.
Et si le titre AstraZeneca a progressé de plus de 5% sur les cinq dernières séances à 44,18 livres, il reste bien en deçà de la dernière offre de Pfizer. Une spéculation plus active devrait plutôt reprendre en novembre ou décembre, quand une offre pourra être déposée. «Le deal ne se fera pas, car il est trop cher pour Pfizer», estime pour l’heure Helvea.
Pfizer ne cache pas son intérêt toujours marqué pour AstraZeneca, tant pour son portefeuille de médicaments en développement que pour la possibilité de bénéficier du régime fiscal britannique plus avantageux. Toutefois, le groupe américain, qui cherche des acquisitions, pourraient s’intéresser à d’autres cibles, comme l’américain Actavis, qui a installé son siège à Dublin l’an dernier après l’acquisition de Warner Chilcott.
Pour sa part, le laboratoire britannique a réitéré souvent sa volonté de rester indépendant. D’ailleurs, il a acquis le mois dernier pour 2,1 milliards de dollars de droits de traitements respiratoires et a démontré fin juillet sa bonne santé en relevant ses objectifs annuels. AstraZeneca, qui doit encore faire face à la falaise des brevets tombant dans le domaine public, vise une stabilité de son chiffre d’affaires 2014 à change constant, au lieu d’une baisse anticipée auparavant, et table sur un recul de 10 à 15% de son bénéfice par action hors exceptionnels, au lieu d’une baisse de 10 à 20%.
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