Le marché s’inquiète des conséquences de la probable montée de Berlin au capital d’EADS

Crainte de «retour de papier» sur le marché, interventionnisme : le cours de l’action est retombé à ses plus bas niveaux de l’année
Olivier Pinaud

La fin des discussions avec BAE Systems n’a pas permis de rebond durable du cours de Bourse d’EADS. Cet épisode fâcheux, qui s’était soldé par une baisse de plus de 7% du titre en deux semaines, a été remplacé par les incertitudes entourant la réorganisation du capital du groupe d’aéronautique.

Depuis l’enterrement du projet de rapprochement mi-octobre, l’action a encore chuté de 9%. En dessous de 25 euros, le titre EADS n’est plus très loin de ses plus bas niveaux de l’année.

Les négociations entre la France et l’Allemagne soulèvent deux types d’inquiétudes auprès des investisseurs. La première porte sur le risque de «retour de papier» sur le marché. L’entrée de l’Allemagne au tour de table nécessiterait en effet d’annuler le pacte d’actionnaires actuel afin d’éviter que Berlin ne soit contraint de lancer une offre sur la totalité du capital d’EADS.

La fin de ce pacte libérerait ainsi les actionnaires privés actuels du groupe, Daimler et Lagardère, clairement vendeurs de leurs positions. Cela leur permettrait de vendre plus facilement sur le marché leurs actions. Ils détiennent respectivement 14,9% et 7,45% d’EADS. Compte tenu de la taille de leurs blocs, le risque de «retour de papier» pourrait peser de longs mois.

Seconde inquiétude, plus profonde. L’entrée directe de Berlin au capital pourrait renforcer l’interventionnisme des Etats dans la gestion de la société. «Si l’objectif des Etats est de reconstituer un pacte avec moins de 30% du capital pour empêcher une OPA, pourquoi pas. En revanche, si cela s’accompagne de droits de veto cela nuirait à la bonne gouvernance de la société», s’inquiète une source proche d’EADS. D’autant que l’épisode BAE a montré les velléités d’intervention de l’Allemagne sur ce dossier.

Pourtant de nationalité allemande, Thomas Enders, le président exécutif d’EADS s’est régulièrement et farouchement opposé à l’idée d’une plus grande intervention de Berlin, et plus généralement des Etats, au capital et dans la gestion de la société.

Principalement en raison des répercussions négatives que cela pourrait faire peser sur l’obtention de certains contrats militaires, notamment avec les Etats-Unis. Une position qui le rend plutôt mal vu par Berlin mais qui a finalement assez peu de poids dans les discussions actuelles, EADS n’étant pas représenté à la table des négociations.

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