Le marché sanctionne l’incertitude sur l’avenir d’Accor
Surprise et incompréhension après l’annonce du changement de direction à la tête d’Accor. Le passage d’un PDG, Denis Hennequin, à un trio provisoire, Philippe Citerne, président non exécutif, Sébastien Bazin, vice-président du conseil, et Yann Caillère, directeur général, a été accueilli froidement par le marché. Le titre a cédé 1,91% à 24,92 euros hier, lanterne rouge du CAC 40. «Le changement de tête augmente les risques d’exécution, mais le titre reste bon marché», résume Oddo.
Le conseil a confirmé la stratégie actuelle tout en demandant une accélération de la mise en œuvre. Le plan 2016 prévoit notamment de dégager une marge opérationnelle de plus de 15% contre 9,3% en 2012. «Les objectifs récemment annoncés pourraient être révisés à la hausse ou avancés dans le temps», se félicite Bryan Garnier, n’excluant pas que les produits de cession puissent être reversés aux actionnaires.
Pour autant, «nous avons du mal à comprendre ce renvoi alors que le conseil a validé la stratégie annoncée, note Exane. Nous pensons qu’il y a peu de place pour accélérer la restructuration. D’une part, elle dépend des conditions de marché, d’autre part, le nouveau patron de l’immobilier [Gilles Bonnier] est arrivé mi-mars». Un avis partagé par Kepler, qui ne pense pas qu’un changement de directeur général permettra de résoudre les problèmes actuels d’Accor au regard de l’environnement difficile en Europe : celui-ci entraîne une pression sur les marges, et l’accroissement des coûts de distribution avec la montée en puissance des agences en ligne.
De plus, «la société adoptera-t-elle une nouvelle stratégie avec l’arrivée du nouveau DG et si le nouveau patron maintient la stratégie actuelle, le nouveau DG endossera-t-il pleinement une stratégie qu’il n’a pas élaborée?», poursuit Exane BNP Paribas. Sans compter que les ressources pourraient être réallouées «au détriment du développement et potentiellement de la croissance externe. Or, celle-ci était un des axes du rééquilibrage de l’exposition géographique d’Accor (Europe contre pays émergents), ajoute CM-CIC. La vision long terme ne semble plus la priorité».
Quoi qu’il en soit, le conseil «devrait recruter un haut profil international expert de l’hôtellerie; du moins Colony et Eurazeo connaissent bien le secteur, ce qui rend plutôt confiant dans le recrutement d’un profil compatible», conclut Oddo.
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