Le marché doute que Carrefour atteigne son objectif 2011

Le distributeur compte toujours accroître son résultat opérationnel courant cette année. Les analystes anticipent une légère baisse
Bruno de Roulhac

A la veille de l’AG qui doit acter la scission de Dia, Carrefour ne craint pas de lancer un nouvel avertissement sur ses résultats en France. L’action a clôturé en recul de 1,66% vendredi, à 27,28 euros, après avoir touché un plus bas de deux ans en séance. «Au cours actuel, […] seule compte la remise en ordre de la maison France, note CM CIC. Il n’est pas interdit d’espérer que le conseil d’administration ait fini par l’admettre».

Une nouvelle fois, la communication du distributeur n’a pas été la plus transparente. Jeudi soir, en marge de la nomination des nouveaux patrons France et Europe, Carrefour notait de manière sibylline que les résultats du premier semestre en France «dans un environnement difficile, sont inférieurs aux attentes de la direction générale». Dans la foulée, le groupe précisait aux seuls analystes prévoir «une baisse de 35% du résultat opérationnel courant» en France au premier semestre, soit autour de 333 millions d’euros, contre 513 millions un an plus tôt.

Néanmoins, Carrefour maintient son objectif annuel de hausse du résultat opérationnel courant (ROC), de 2,97 milliards l’an dernier. Ce qui nécessite un net redressement sur la seconde partie de l’exercice et suppose le succès du plan de transformation et du déploiement de Carrefour Planet. Or, «la conjoncture reste très dégradée en France, et surtout, la concurrence semble s’intensifier avec une guerre des prix larvée initiée par Leclerc», note Aurel. L’an dernier, la France a pesé 39% du chiffre d’affaires du groupe et 43% du résultat opérationnel courant. Le 5 mai dernier, le patron de la France, James McCann avait été débarqué faute de résultats tangibles. La nomination du «carrefourien historique» Noël Prioux, à la tête de la France, «homme de terrain pragmatique, est salutaire», ajoute CM-CIC. Pourtant, le directeur général, Lars Olofsson, n’y était pas favorable, selon une source proche du dossier.

Les analystes ne partagent donc pas l’optimisme du distributeur, estimant que cet objectif opérationnel sera difficile à atteindre. Actuellement, le consensus Bloomberg est légèrement sous les 3,1 milliards d’euros «et pourrait chuter jusqu’à 5%», estime Credit Suisse. Pour Citi, le bénéfice opérationnel pourrait reculer de 4 à 5% cette année. D’autres analystes anticipent une baisse de 2,5 à 5%. Pour sa part, CM-CIC table sur 3 milliards d’euros de ROC, soit une très légère hausse.

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