Le marché automobile français franchit au ralenti les ponts de mai
On n’observe pas encore de reprise, le marché est tout juste convalescent». Ce diagnostic du directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile, Flavien Neuvy, reflète à merveille la prudence des observateurs face à l’évolution récente et à venir du marché automobile français. De fait, le volume d’immatriculations de véhicules particuliers neufs a progressé de 0,1% en mai à 148.573 unités, selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).
Cela pour un nombre de jours ouvrables (19) identique à celui de mai 2013 et même si les ponts cette année «ont rendu le travail des commerciaux un peu plus complexe» aux yeux de Flavien Neuvy. Sur les cinq premiers mois de l’année, le marché est en hausse de 3,0% selon le CCFA.
Et alors qu’en dehors de la lente augmentation de l’âge moyen du parc automobile «tous les indicateurs restent au rouge», comme le souligne Jean-François Belorgey, associé responsable du secteur chez EY en France, les observateurs semblent miser sur un second semestre moins maussade sur le front macroéconomique pour se persuader de la pérennité de l’orientation favorable du marché. Jean-François Belorgey met en lumière la «bonne rencontre» actuelle entre offre et demande en termes de modèles.
Le CCFA souligne de son côté le succès grandissant de la gamme «économique et inférieure», qui représente 54% du marché en 2014, contre 52% l’an dernier et 50% début 2012. Une tendance, qui met notamment à l’honneur les petits 4X4 urbains, dont tirent particulièrement parti les groupes français. En mai, ils affichent un gain de 6,0% (contre -6,2% pour les étrangers) de leurs immatriculations, engrangeant une hausse de 3,1 points de leur part de marché cumulée, à 54,3%. Sur 5 mois, cette part progresse de 3,3 points à 56,0% (+1,1 point pour PSA Peugeot Citroën à 30,5%, +2,2 points pour Renault à 25,4%). Le segment low-cost, Dacia en tête (+27,0% en 2014 à 24% des volumes du groupe Renault), bénéficie de ce contexte, le premium «continuant de souffrir après avoir longtemps résisté à la crise», comme le relève Jean-François Belorgey. Sur 5 mois, les volumes des groupes BMW et Mercedes cèdent 11,6% et 9,5%, ceux d’Audi 4,8%.
Tandis que l’associé EY table pour 2014 sur un marché en «modeste croissance», le CCFA ne s’interdit pas de relever le mois prochain sa prévision d’une croissance de 1%, en fonction des chiffres de juin. Prudence, toujours.
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