Le marché attend la nomination d’Alexandre Bompard à la tête de Carrefour
Pressenti depuis plusieurs semaines, le PDG de Fnac Darty, Alexandre Bompard, devrait prendre les rênes de Carrefour dans la foulée de l’assemblée générale du 15 juin prochain. Sa nomination devrait être annoncée vendredi, à l’issue du conseil d’administration, selon plusieurs sources de presse. «Un catalyseur positif pour l’action», selon Kepler Cheuvreux.
Ce choix d’Alexandre Bompard est un désaveu pour l’actuel PDG, Georges Plassat, qui avait exprimé sa préférence pour un candidat interne. Mais la décision était entre les mains des actionnaires : la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette (11,5% du capital), la famille Diniz (7,86%) et la famille Arnault (8,74%). Ensemble, ils contrôlent 37% des droits de vote de Carrefour. Reste à savoir comment s’organisera la transition, le mandat de Georges Plassat, ne prenant fin que lors de l’AG 2018. Un tandem entre les deux patrons pendant deux ans est-il possible ?
Les défis ne manqueront pas. En particulier «les pertes récurrentes de parts de marché en alimentaire dans les hypermarchés», prévient Kepler Cheuvreux. Alexandre Bompard pourrait répondre à ce challenge par des baisses de prix. «Elles pourraient être financées par des réductions de coûts, par de meilleures conditions avec les fournisseurs, et par une diminution des surfaces prévues», poursuit Kepler Cheuvreux. Si la réduction des coûts devrait passer par une baisse des effectifs, attention à ne pas perdre les talents, prévient le bureau d’analyse. Le mois dernier, une pétition circulait sur internet pour «empêcher que Carrefour soit dirigé par Alexandre Bompard, un patron dont le salaire actuel est de 14 millions d’euros, et qui est spécialiste des licenciements dans la grande distribution». Pétition inactive depuis quelques jours…
Pour l’analyse crédit de Natixis, deux chantiers sont prioritaires : la redynamisation des hypermarchés français et l’accélération de la stratégie omnicanale «sur laquelle le groupe a accumulé beaucoup de retard. Ce qui alimente le scénario d’une reprise de Fnac-Darty par Carrefour». Et pour ce rapprochement, «la marge de manœuvre de l’émetteur paraît largement suffisante, estime Natixis. Le ratio de levier ajusté de Carrefour (S&P) passerait de 2,2 fois fin 2016 à 2,4 fois post-opération avec un financement 100% dette et à 0,6 fois en valeur d’entreprise sur chiffre d’affaire, contre un maximum fixé à trois fois pour la notation actuelle par S&P».
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