Le marché accorde à Alstom le bénéfice du doute malgré un trimestre difficile
Si Alstom souffre encore du trou d’air enregistré en 2009 dans son carnet de commandes, il reste confiant pour la dernière partie de son exercice finissant le 31 mars 2012. A fin décembre, les ventes trimestrielles du groupe industriel français ont encore reculé de 7,1% à 4,9 milliards d’euros alors que ses prises de commandes ont baissé de 10,9% pour atteindre un niveau similaire. Le chiffre d’affaires accuse une baisse moins marquée qu’aux premier et deuxième trimestres, au cours desquels il s'était replié de respectivement 12,4% et 7,7%.
La hausse des commandes dans les réseaux électriques à 1,2 milliard n’a pas pu compenser l’absence d’importants contrats dans les Energies renouvelables (300 millions) et la baisse de 5% dans la division construction ferroviaire à 1,5 milliard. «La principale surprise négative vient de Thermal Power (centrales électriques)», selon les analystes de la Société Générale. Cette division enregistre une chute de 27% des commandes sur un an, malgré deux gros contrats en Pologne et en Irak. Moody’s a dégradé d’un cran mardi la note d’Alstom, de Baa1 à Baa2, avec perspective négative, en invoquant la détérioration de son BFR.
Sur les neuf premiers mois de 2011-2012, le chiffre d’affaires s’élève à 14,3 milliards, en repli de 9% en rythme annuel sur la base des chiffres publiés, et de 11% en organique. Les prises de commandes d’Alstom sur cette période ont cependant atteint 15,1 milliards (+20% en données publiées, +18% en organique), dont près de 60% dans les pays émergents. En hausse pour le cinquième trimestre d’affilée, le carnet de commandes s'élevait au 31 décembre à 48 milliards, soit 2 ans et demi d’activité.
«Les opportunités en cours ainsi que les contrats déjà attribués, qui représentent plus d’un milliard d’euros et devraient entrer en vigueur avant la fin de l’exercice fiscal, nous permettent d’anticiper au quatrième trimestre un fort niveau de commandes», estime le PDG Patrick Kron. Il table donc sur «une amélioration de la performance opérationnelle» entre octobre 2011 et mars 2012, en confirmant son objectif d’une marge d’exploitation comprise entre 7% et 8% sur l’ensemble de l’exercice et le versement d’un dividende. Les investisseurs ont été manifestement convaincus, l’action gagnant 13,7% à 28,1 euros.
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