Le luxe pâtira du ralentissement de la croissance et de l’effet devises
Le premier semestre a été plus difficile pour le secteur du luxe. D’une part, la croissance organique des ventes devrait fortement ralentir entre le premier et le deuxième trimestre. Elle passerait en moyenne de 9% à 6%, note Aurel BGC. Pour sa part, Oddo mise sur 7%.
Au-delà d’une base de comparaison favorable, la bonne résistance sur les trois premiers mois de l’année «s’explique uniquement par la très forte accélération de la croissance observée au Japon, temporairement amplifiée par des achats d’anticipation dans un contexte inflationniste», précise Aurel BGC. Aussi, le Japon devrait subir le contrecoup de ce phénomène au deuxième trimestre.
En revanche, le bureau d’analyse attend un rebond de la croissance en Amérique du Nord, des tendances mitigées en Asie avec un marché chinois atone, et un marché européen qui continue «à souffrir du ralentissement des dépenses des touristes alors que la demande locale reste faible».
De fait, Hermès a dévoilé vendredi une croissance organique de 9,6% au deuxième trimestre, en net ralentissement par rapport aux 14,7% des trois premiers mois de l’année, et en dessous des 11% attendus par le consensus Bloomberg. Le marché s’est surtout inquiété du ralentissement de la croissance aux Amériques, passée de 17,9% à 7,9% en séquentiel, mais pâtissant d’un effet de base défavorable. D’ailleurs, il n’y a «aucune inquiétude sur le dynamisme des ventes aux Etats-Unis», a expliqué Axel Dumas, gérant d’Hermès, ne percevant pas de changement dans la demande.
D’autre part, l’effet devises devrait continuer à peser sur les résultats du premier semestre. Bien qu’il ait enregistré une croissance organique de 12% sur son premier trimestre clos fin juin, Burberry a prévenu le marché que l’effet changes pourrait amputer son bénéfice de 55 millions de livres sur l’ensemble de l’exercice, tandis que la marge opérationnelle ajustée reculerait de 17,5% à 16%.
«A plus long terme, nous n’attendons plus un rebond de la croissance organique des ventes, mais une stabilisation [autour de 7-8%], note Oddo. Nous jouons plutôt un retournement de la situation des devises qui, en plus d’un effet absolu positif, devrait permettre de mettre en avant le travail effectué par les sociétés sur leur levier opérationnel sur les derniers trimestres». Le bureau d’analyse anticipe ainsi une hausse de 6,4% des bénéfices par action en 2014 et de 12,3% en 2015.
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