Le luxe ne parvient plus à maintenir son rythme de croissance

Les ventes trimestrielles de Burberry progressent de 11%, contre 13% attendu par le marché. Le secteur baisse en Bourse
Bruno de Roulhac

Le luxe commence à être rattrapé par le ralentissement de la croissance en Asie et par la crise en Europe. Burberry vient de publier le chiffre d’affaires de son premier trimestre, clos fin juin, certes en hausse de 11% à 408 millions de livres (518 millions d’euros), mais en dessous des 13% attendus par le consensus, et des 15% du trimestre précédent.

«Un premier trimestre robuste […] malgré un environnement plus difficile», a commenté Angela Ahrendts, directrice générale de Burberry. L’Asie tire les ventes avec une croissance à changes constants de 18%, devant l’Europe (+16%), tandis que les Amériques ne progressent que de 2% en raison du programme de rationalisation pour la vente en gros.

«Il s’agit d’un démarrage en douceur de l’année pour Burberry, note Credit Suisse. Mais Burberry continue à surperformer dans les grands magasins, affiche encore une croissance à deux chiffres en Chine continentale et conserve intact ses plans d’investissement avec trois ouvertures de magasins phares importantes prévues au troisième trimestre».

D’ailleurs, «la marque bénéficie de l’une des plus fortes dynamiques au sein du secteur (croissance en comparables largement positive, une situation de plus en plus rare dans le secteur) grâce à un statut de marque globale significativement renforcé au cours des dernières années», ajoute Aurel BGC.

Néanmoins, le consensus pourrait réduire légèrement la prévision de bénéfice avant impôts pour l’exercice en cours, estime Credit Suisse, «Burberry devra travailler plus dur face à un environnement plus difficile».

Pour l’ensemble du secteur, Aurel BGC prévoit un ralentissement de la croissance organique au deuxième trimestre – en partie due à la base de comparaison très élevée (+25% au deuxième trimestre 2011) – mais limité à 12% à changes constants en moyenne, contre 17% au premier trimestre. «Le deuxième trimestre ne sera pas le point bas», assure le bureau d’analyse.

Pour l’heure le marché anticipe un ralentissement du secteur avec une nette sous-performance du luxe européen au mois de juin. Un mouvement accentué par la baisse d’hier : -3,15% pour LVMH et -3,48% pour PPR, qui font tous deux pire que le CAC 40 depuis trois mois. Hermès publiera ses ventes le 19 juillet, tandis que LVMH et PPR dévoileront leurs résultats semestriels le 26 juillet.

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