Le laboratoire suisse Roche se lance à l’assaut de l’américain Illumina

L’offre hostile en numéraire valorise la cible, spécialisée dans le séquençage du génome humain, à quelque 5,7 milliards de dollars
Benoît Menou

Roche relance les grandes manœuvres du secteur pharmaceutique mondial. Cette nuit, le laboratoire suisse a en effet divulgué son projet d’offre publique hostile à l’encontre du spécialiste américain des appareils destinés au séquençage du génome humain, Illumina. A raison de 44,50 dollars offerts par titre de sa cible, soit une prime de 18% par rapport au cours de clôture sur le Nasdaq hier, la proposition envisagée par Roche aux actionnaires du groupe de San Diego en Californie représente un montant total de quelque 5,7 milliards de dollars.

Le prédateur semble confiant sur les conditions de financement de l’opération, indiquant en effet pouvoir boucler la transaction grâce à ses liquidités et ses lignes de crédit disponibles.

Le géant suisse a précisé devoir engagé les hostilités car la direction d’Illumina refusait catégoriquement d’engager des pourparlers amicaux en vue d’une union, malgré les «grands efforts» déployés par Roche. Dans un message adressé à Reuters, le PDG d’Illumina, Jay Flatley, a indiqué n’avoir aucun commentaire à faire pour l’instant sur l’offre de Roche. Severin Schwan, directeur général de Roche, assure dans le communiqué de son groupe qu’il espère encore pouvoir engager des discussions amicales. Illumina pourrait y être contraint par exemple par le biais de ses principaux actionnaires. Selon Reuters, les cinq premiers d’entre eux (Capital Research Global Investors, Baillie Gifford & Co, Sands Capital Management, Morgan Stanley IM et Jennison Associates) détiennent 44% des titres ordinaires.

Roche entend aujourd’hui tirer parti d’une faiblesse de valorisation d’Illumina, dont le titre a abandonné la moitié de sa valeur depuis six mois. Cette chute n’est pourtant pas sans fondement opérationnel, puisque des acteurs comme Illumina dans des domaines spécialisés obtiennent entre 20 et 40% de leurs activité de la part de programmes de recherche soutenus par le gouvernement fédéral. Des dépenses publiques qui pourraient faire les frais d’une plus grande rigueur budgétaire. Et selon Roche, l’offre valorise d’ores et déjà 30,1 fois le résultat attendu en 2012 par le consensus. Le prétendant connaît l’univers des offres non sollicitées aux Etats-Unis, il s’agit en effet de la troisième opération lancée depuis 2007. Les deux premières ont été couronnées de succès, à savoir le rachat de Ventana et celui du solde de Genentech.

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