Le Japon va donner naissance à un nouveau poids lourd de l’acier

Nippon Steel et Sumitomo Metal prévoient de fusionner en octobre 2012 pour former le numéro deux mondial derrière ArcelorMittal
Antoine Duroyon
Photo: Bloomberg
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L’heure des grandes manœuvres a sonné dans la sidérurgie japonaise. Nippon Steel, numéro un dans l’Archipel, et Sumitomo Metal, numéro trois, ont fait part jeudi de leur intention de fusionner en octobre 2012. Il s’agit de la première opération majeure de consolidation dans l’industrie nationale depuis une décennie et la naissance de JFE Holdings. Le nouvel ensemble grimpera sur la deuxième marche du podium mondial, avec une production combinée de 47,8 millions de tonnes d’acier brut en 2010, selon Hiroshi Tomono, président de Sumitomo Metal. Il restea tout de même assez loin derrière le géant ArcelorMittal qui affichait 70,6 millions de tonnes rien que pour les neuf premiers mois de 2010. En Bourse, ArcelorMittal supplantera également le nouveau groupe (42 milliards d’euros de capitalisation contre 26 milliards). Les deux acteurs entretiennent déjà des liens industriels (via deux coentreprises) et capitalistiques, Nippon Steel détenant 9,4% du capital de Sumitomo Metal et ce dernier 4,2% du premier.

Les raisons qui sous-tendent ce rapprochement sont nombreuses : affronter la concurrence d’acteurs «low cost» chinois ou indiens, s’affirmer sur la scène internationale face à ArcelorMittal, contrer le ralentissement de la demande domestique ou encore dégager des synergies. «Nous nous attendons à générer de nombreuses économies de coûts mais nous ne disposons pas encore de chiffres à ce stade», a déclaré Hiroshi Tomono, président de Sumitomo Metal, lors d’une conférence de presse. Il faut dire que les acteurs japonais se retrouvent soumis à forte pression, pris dans l'étau d’une hausse des coûts de matières premières (minerai de fer, coke) et d’un affaiblissement de leur capacité de négociation tarifaire sur fond de renchérissement du yen.

Face à l'érosion de leurs marges, les industriels japonais ont déjà fait le choix de se spécialiser sur des produits haut de gamme. «Le nouveau groupe aura la meilleure gamme de produits dans le secteur (...) C’est unique, et le numéro un, ArcelorMittal, n’a pas une telle ligne de produits», a commenté Jeremie Capron, analyste chez CLSA. Mais le chemin précédant la fusion reste long et de nombreux détails (parité de fusion, dénomination du nouveau groupe...) sont encore à finaliser.

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