Le Japon échappe à la déprime du marché des M&A
En début d’année, Morgan Stanley prédisait une progression du marché des fusions-acquisitions au Japon. La banque ne s’était pas trompé. Car dans un marché mondial des M&A largement dans le rouge cette année, le Japon est l’un des rares pays à se maintenir à flot.
Au dernier pointage de Dealogic hier, les volumes y étaient en hausse de 10% par rapport à 2008, à 136,3 milliards de dollars. Parmi les opérations les plus médiatiques, Volkswagen vient notamment d’annoncer le rachat de 19,9% de Suzuki pour l’équivalent de 2,5 milliards de dollars (222,5 milliards de yens). Mais aussi emblématique qu’il soit (il s’agit de la plus grosse opération dans l’automobile locale depuis 2001), cet accord ne doit pas masquer une réalité: les opérations transfrontalières restent rares.
Sur neuf mois à fin septembre, malgré l’appréciation du yen, les acquisitions de groupes japonais à l’étranger étaient en repli de 66% (20 milliards de dollars). Quant aux investissements étrangers dans le pays, ils affichaient un recul similaire (69%) avec des volumes de 8,3 milliards. Et malgré l’opération de VW, le quatrième trimestre reste sur la même tendance. Pour le cinquième trimestre de suite, les flux d’acquisitions en direction du pays demeurent sous la barre des 5 milliards de dollars.
Sa bonne résistance, le marché des M&A la doit donc avant tout à ses multiples transactions locales. Elles concernent des galaxies industrielles souhaitant profiter des valorisations actuelles pour consolider leurs participations. Ainsi en est-il d’eAccess qui vient d’annoncer le rachat pour 1,3 milliard de dollars des 62% qu’il ne détenait pas dans sa filiale eMobile.
Ces opérations ont aussi très souvent pour origine les recompositions rendues nécessaires par la situation économique, qu’il s’agisse de consolidation défensive ou de cessions d’actifs non stratégiques.
En tout cas, le phénomène devrait perdurer en 2010 à en croire Goldman Sachs. Dans une étude du mois dernier, la banque estime que le meilleur pari pour les groupes japonais est de fusionner et de se restructurer, attirant l’attention sur les nombreuses pépites et filiales cotées qui restent sur le marché. Encore très fragmentés, la distribution, les services financiers non bancaires, les transports et l’immobilier devraient être en vue. Après l’opération sur Suzuki, le marché regarde aussi de près Mazda, qui se retrouve isolé.
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