Le «Hermès italien» rouvre le défilé de mode à la Bourse de Milan
La France a les biotechs, l’Italie le prêt-à-porter de luxe. Alors que la quasi-totalité des quelques sociétés mises en Bourse à Paris ces derniers mois évoluent dans le milieu médical, à Milan les seuls candidats au marché viennent de la mode. Près d’un an après Salvatore Ferragamo, la dernière introduction à Milan, Brunello Cucinelli suit la même voie, en espérant le même succès. Depuis juin 2011, l’action Ferragamo a bondi de 70%.
Avec une capitalisation avant IPO estimée entre 405 et 465 millions d’euros, la société fondée en 1978 par le styliste Brunello Cucinelli est nettement plus petite que Ferragamo (2,65 milliards d’euros). Mais son positionnement dans le prêt-à-porter, notamment en cachemire, et les accessoires de luxe, ainsi que son potentiel de croissance en font un véhicule prisé. Ouvert lundi dernier, le carnet d’ordres tenu par Mediobanca et BoA Merrill Lynch est déjà couvert. La première cotation est prévue pour le 3 mai.
L’offre comprend l’émission de 8 millions d’actions nouvelles, à un prix compris entre 6,75 et 7,75 euros, soit une levée de fonds de 54 à 62 millions d’euros. Ils serviront à financer l’ouverture de nouvelles boutiques (20 actuellement détenues en propre). La dette (48 millions d’euros) représente un peu plus d’une fois l’Ebitda (40 millions) et Brunello Cucinelli génère plus de 10 millions de cash-flows libres chaque année.
La partie secondaire de l’offre est plus importante, avec la cession par Brunello Cucinelli et le management, les seuls actionnaires actuels, de 12,4 millions d’actions. Au total, le montant du placement oscillera entre 137,7 et 158,1 millions d’euros, avant option de surallocation.
Après l’opération, Brunello Cucinelli affichera une valeur d’entreprise comprise entre 470 et 532,5 millions d’euros, soit 8 à 10 l’Ebitda estimé pour 2013 par Cheuvreux, selon le taux de croissance des ventes qu’elle sera en mesure de dégager. Avec 10% de croissance, la marge d’Ebitda monterait à 17,8% en 2013, contre 16,5% en 2011. A 13%, elle atteindrait 18,8%, et se rapprocherait des standards du secteur autour de 20%.
Cette valorisation offre peu de décote par rapport aux multiples du secteur. Mais avec son potentiel de croissance, son positionnement haut de gamme, et sa structure actionnariale, Brunello Cucinelli, présenté parfois comme un petit «Hermès italien», fait figure de cible idéale pour un grand nom du luxe à moyen terme, estime Cédric Chaboud, gérant du fonds Skylar de SPGP.
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