Le groupe de jeux 888 Holdings remporte la bataille pour Bwin.party
Au terme de plusieurs mois de négociations et en dépit d’une offre supérieure de GVC, le conseil d’administration de Bwin.party a choisi de soutenir la proposition de 888 Holdings pour son rachat. L’offre rendue publique vendredi s’élève à 898 millions de livres sterling (1,3 milliard d’euros) tandis que GVC proposait 908 millions de livres. Les actionnaires de Bwin se verront proposer 39,45 pence et 0,404 action 888 par action, ce qui valorise l’action Bwin à 104,09 pence, soit une prime de 16,4% par rapport à son cours du 14 mai, avant l’annonce de discussions entre les deux groupes.
«La question évidente, c’est pourquoi le conseil d’administration de Bwin a choisi l’offre légèrement inférieure de 888 ?», note David Jennings, analyste chez Davy. Pour lui comme pour Nick Batram, analyste chez Peel Hunt, les membres du conseil de Bwin ont privilégié l’offre de 888 pour les meilleures perspectives de croissance offertes par ses actions, alors que GVC, plus jeune et deux fois plus petit que son concurrent, est perçu comme plus exposé aux risques de régulation. Or, les dirigeants de Bwin toucheront des actions 888. Les profils des deux groupes sont par ailleurs complémentaires, l’acquéreur n’étant pas très présent dans les paris sportifs, point fort de Bwin.
La consolidation dans les paris en ligne est tirée par l’augmentation des taxes dans les marchés régulés et la course technologique à laquelle se livrent les entreprises du secteur. D’après 888, les synergies de coûts, principalement dans la recherche et l’administratif, devraient rapporter 70 millions de dollars par an à la fin de l’année 2018 et l’opération serait profitable dès la première année. Pour Karl Burns, analyste chez Panmure Gordon, «le nouveau groupe devrait être capable de générer beaucoup de profits» dans un marché qui pourrait connaître une croissance annuelle de 8,7% jusqu’en 2018, d’après les chiffres de H2 Gambling Capital.
L’opération qui doit se conclure d’ici aux premiers mois de l’année 2016 devrait clore un feuilleton débuté en novembre dernier, lorsque le PDG de Bwin.party Norbert Teufelberger avait annoncé sa volonté de vendre l’entreprise, en perte de vitesse depuis trois ans. Les frais de rupture de contrat s’élevant à 5,7 millions de livres (8,2 millions d’euros) seulement, il n’est toutefois pas à exclure que GVC présente une contre-offre.
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