Le groupe de concessions Isolux Corsan va tenter de dégeler les IPO à Madrid
Depuis les déconvenues d’eDreams Odigeo ou d’Applus au printemps 2014, qui avaient lancé un avertissement sur résultats quelques semaines seulement après leur entrée à la Bourse de Madrid, le marché espagnol des IPO était totalement gelé. En plus des projets déjà dévoilés récemment par Aena et ACS, Isolux Corsan va tenter de réchauffer l’ambiance. Le groupe espagnol de construction et de concessions a annoncé vendredi son intention de lever 600 millions d’euros à l’occasion d’une cotation à Madrid. Le prospectus de l’opération est en cours d’examen par la CNMV, l’autorité espagnole des marchés financiers.
Détenu à 52,02% par Construction Investments, une holding contrôlée par le président, Luis Delso Heras, et par son vice-président, José Gomis Cañete, Isolux Corsan est un petit Abertis. A fin septembre 2014, sur douze mois glissants, la société a dégagé un chiffre d’affaires d’un peu plus de 3 milliards d’euros avec un Ebitda de 637,8 millions d’euros. En comparaison, Abertis, le géant espagnol des concessions, réalise plus de 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et près de 3 milliards d’Ebitda.
La différence de rentabilité s’explique par la présence forte d’Isolux Corsan dans la construction. Cette division représente 82% des revenus et 45% de l’Ebitda, ce qui dilue la meilleure rentabilité des concessions routières ou électriques. Le groupe réalise 17% de son chiffre d’affaires en Espagne, 56% en Amérique latine (Mexique et Brésil) et 15% en Asie (principalement en Inde).
L’augmentation de capital doit permettre de réduire la dette et de financer les projets de développement d’Isolux Corsan dans les concessions. Le groupe exploite actuellement quatre autoroutes en Inde, deux au Mexique, une au Brésil et une autre en Espagne. Un projet aux Etats-Unis est en cours de développement. Ces infrastructures représentent 1.643 km cumulés. Le groupe gère également neuf lignes de transmission d’électricité à haute tension, dont sept au Brésil. Il exploite aussi 49 parkings en Espagne. En 2012, le fonds canadien PSP avait investi 627 millions de dollars pour prendre 19,23% du capital de la division de concessions d’Isolux Corsan. Une obligation convertible pourrait lui permettre de monter au capital en 2017.
Citigroup, Mogan Stanley et Santander sont les coordinateurs globaux de l’IPO. Caixabank, Natixis et la Société Générale interviennent en position secondaire.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.