Le golfe du Mexique va continuer à peser sur la rentabilité de BP
Bien qu’elle soit particulièrement importante pour BP, sa production de pétrole dans le golfe du Mexique est toujours en sommeil, près 10 mois après la levée du moratoire sur les forages qui avait été imposé par les Etats-Unis dans la région suite à la marée noire d’avril 2010. Selon des sources proches du dossier, «la compagnie n’a pas fait de demande de nouveaux permis depuis la fin du moratoire le 12 octobre dernier».
Le directeur général Robert Dudley avait indiqué fin juillet que la reprise de la production dans cette zone dépendrait «des approbations qu’il obtiendrait pour de nouveaux forages». Il a simplement obtenu la permission de modifier certaines caractéristiques techniques sur un puits existant afin de renforcer la sécurité des installations, alors que dans le même temps Chevron et Shell ont reçu respectivement 3 et 5 autorisations de forage en eaux profondes. Melissa Schwartz, responsable du bureau de gestion des océans chargé de délivrer ces permis, a affirmé que BP était jugé «suivant les mêmes critères que ses concurrents». En tant que partenaire, il va bénéficier du permis obtenu par Shell la semaine dernière sur le gisement «Europe».
Sans mise en route de nouveaux puits, «la production de BP dans la région pourrait chuter de 20% à 30% par an», pronostique Jason Gammel, analyste chez Macquarie Capital. L’arrêt prolongé des cinq plateformes exploitées dans le golfe du Mexique est d’autant plus dommageable qu’il tire «un bénéfice de 30 dollars par baril dans cette zone lorsque les prix du pétrole sont à 100 dollars», estime Fadel Gheit, analyste chez Oppenheimer & Co. Un niveau bien plus élevé que les 15 à 20 dollars par baril de bénéfice provenant du pétrole de mer du Nord ou d’Afrique occidentale.
Le coût journalier de cette inactivité est estimé à 2,4 millions de dollars, auquel il faut ajouter le prix du loyer payé aux propriétaires des puits de forage. Transocean, propriétaire de la plateforme Deepwater Horizon qui a explosé en avril 2010, reçoit ainsi 1,4 million de dollars par jour de BP. On comprend donc mieux les poursuites engagées par le pétrolier britannique envers Transocean, afin d’obliger celui-ci à contribuer à l’indemnisation des victimes de la marée noire. Après être tombée à un plus bas de 11 mois en séance, l’action BP a finalement clôturé en hausse de 0,6% à 405 pence hier.
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