Le FSI paie une partie du bloc Eramet en titres Danone et Air Liquide
Areva mène son plan de cessions d’actifs au pas de charge. Depuis la mi-décembre 2011, le groupe de nucléaire a cédé deux actifs (01dB-Metravib et 20% de Sofradir) et engagé des négociations exclusives ou signé des accords en vue de vendre trois autres participations. Le capital du projet minier d’Imouraren au Niger sera ainsi ouvert à EDF, dans le cadre du partenariat stratégique signé entre les deux groupes en février sur l’approvisionnement en uranium. La participation minoritaire dans le projet minier Millenium sera cédée à Cameco. Enfin, le bloc de 25,93% au capital d’Eramet est en passe d’être vendu au Fonds stratégique d’investissement.
Même si Areva a tenté ces dernières semaines de faire remonter le prix, le montant de 776 millions d’euros avait été arrêté mi-décembre. Selon une source proche du dossier, la moyenne du cours de Bourse sur les trois derniers mois a servi de référence pour arrêter le prix, à 113 euros par action Eramet. Vendredi, le titre cotait 119 euros. La signature définitive devrait être annoncée dans les prochains jours, le temps pour le FSI de conclure le protocole avec la famille Duval, premier actionnaire d’Eramet avec 43% des droits de vote, et conseillée pour l’occasion par Nomura.
Pour éviter une sortie de cash trop importante et pour garder des marges de manœuvre, le FSI paiera une partie de la transaction en actions. Il devrait ainsi céder à Areva pour 220 millions d’euros, soit 30% du montant total, de titres Danone et Air Liquide actuellement en sa possession. Ces actifs seront placés dans le fonds du groupe de nucléaire destiné à financer ses obligations liées au démantèlement futur de ses installations, ont indiqué plusieurs sources à L’Agefi. La cession d’autres actifs financiers actuellement inscrits dans ce fonds permettra à Areva de récupérer le cash correspondant. La direction du groupe n’a souhaité faire aucun commentaire.
Une fois cette opération conclue, le groupe de nucléaire pourrait ainsi avoir quasiment atteint l’objectif de 1,2 milliard d’euros de cessions fixé lors de l’instauration fin 2011 de son plan d’action stratégique. L’objectif est d’éviter à tout prix une nouvelle augmentation de capital après celle de 900 millions réalisée il y a un an auprès de l’Etat français et du fonds souverain du Koweït. En 2012, Areva devrait consommer encore 1,5 milliard d’euros de cash-flow après les 2,4 milliards dépensés en 2011.
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