Le fonds TCI invite EADS à se délester de ses titres Dassault Aviation
Les fonds activistes ne relâchent pas la pression, même au cœur de l'été. The Children’s Investment Fund (TCI) vient d’écrire à Tom Enders, président exécutif d’EADS, pour lui demander de céder immédiatement la participation de 46,32% du groupe européen dans Dassault Aviation, selon le Financial Times.
Pour TCI, cet investissement constitue «une mauvaise utilisation du capital», ne produit «aucune synergie» et n’a qu’un intérêt stratégique « limité». Le fonds rappelle que le marché des avions d’affaires est en surcapacité, et qu’il représente les trois quarts du chiffre d’affaires de Dassault Aviation. D’ailleurs, «les perspectives pour Dassault Aviation sont loin d'être aussi favorables que pour Airbus», conclut TCI.
Or, cette participation est valorisée actuellement par le marché 4,36 milliards d’euros. TCI, qui dit détenir plus de 1% du capital d’EADS, propose de retourner l’argent aux actionnaires via un dividende exceptionnel ou un programme de rachat d’actions.
Cette demande intervient dans un contexte de restructuration du capital du groupe européen et seulement quelques jours après l’annonce par EADS de son intention de se rebaptiser Airbus. La semaine dernière, lors des résultats semestriels, Tom Enders avait précisé que le groupe serait désormais libre de fixer sa stratégie, sans ingérence des Etats comme auparavant, et passerait en revue ses participations minoritaires, avec l’ambition «lorsque c’est possible, d’avoir des activités que nous contrôlons totalement». TCI demande que cette stratégie soit mise en œuvre. Mais pour l’heure, EADS se refuse à commenter les exigences du fonds activiste.
Pour autant, selon le pacte d’actionnaires de juin 2013, d’une durée de 90 ans, – venu remplacer le droit de veto de Paris, Berlin et Madrid sur la stratégie d’EADS – l’Etat français bénéficie d’un droit de première offre dans l’hypothèse où EADS France envisagerait de céder tout ou partie de ses actions Dassault Aviation. En outre, EADS s’engage à consulter l’Etat français en vue d’une position commune avant de prendre toute décision sur Dassault.
Aussi, dans un tel contexte, cette cession paraît complexe, sans compter le poids de la famille Dassault. Le Groupe Industriel Marcel Dassault détient 50,55% du constructeur du Rafale, tandis que Dassault Aviation et l’Etat français détiennent de concert 53% de Thales. Un changement capitalistique modifierait alors l’ensemble de l’industrie française de la défense.
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