Le fonds chinois CIC envisage de prendre une participation stratégique dans Daimler
China Investment Corporation envisage de prendre pied dans le secteur automobile européen. Le fonds souverain chinois pourrait, selon le journal officiel People’s Daily qui a pourtant peu l’habitude d’annoncer les rachats opérés par les sociétés publiques du pays avant leur officialisation, prendre une participation dans Daimler comprise entre 4% et 10%. Aux cours actuels, cette participation est valorisée entre 1,8 et 4,5 milliards d’euros. Dieter Zetsche, le directeur général du constructeur automobile allemand, avait ouvert une porte la semaine dernière en indiquant au Börsen-Zeitung que le groupe accueillerait avec bienveillance l’intérêt d’investisseurs de long terme, y compris chinois.
Le fonds chinois profiterait ainsi de la sortie du fonds souverain d’Abu Dhabi qui a cédé son reliquat de 3,1% dans Daimler. Au 30 septembre 2012, les investisseurs européens pesaient à hauteur de 70% dans le capital de Daimler (dont 34,1% d’actionnaires allemands), les Américains à hauteur de 18,5%, et les Asiatiques seulement 3,2%.
Un mouvement qui serait stratégique pour Daimler qui cherche à relancer les ventes de sa marque de luxe, Mercedes-Benz. Ses ventes ont chuté de 6,6% en Chine sur un an en novembre, alors que ses concurrents Audi et BMW affichent des progressions soutenues.
Daimler a récemment étoffé son directoire d’un poste confié à Hubertus Troska avec pour mission de piloter ce marché stratégique depuis la Chine. «Avec cette décision de créer au sein du directoire un poste spécifiquement pour ce marché, nous soulignons l’importance stratégique de la Chine pour Daimler», a d’ailleurs déclaré Manfred Bischoff, président du conseil de surveillance.
Jusqu’à présent, CIC, qui a 150 milliards de dollars d’intérêts dans des groupes étrangers, limite ses ambitions à des participations minoritaires afin de ne pas prêter le flan à des critiques lui reprochant des visées plus politiques qu’économiques. Zeng Zhiling, directeur chez LMC, estime que «CIC est un investisseur financier et n’a pas vocation à intervenir dans les opérations du groupe», même si le reliquat de la participation de Daimler dans EADS peut poser un problème stratégique.
La commission du Congrès américain s’est inquiétée récemment que 90% des participations chinoises prises dans des groupes stratégiques locaux aient été réalisées par des sociétés sous contrôle de l’Etat chinois.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable