Le fonds chinois CIC envisage de prendre une participation stratégique dans Daimler

CIC pourrait prendre entre 4% et 10% du capital du constructeur allemand pour une valorisation comprise entre 1,8 et 4,5 milliards d’euros
Patrick Aussannaire

China Investment Corporation envisage de prendre pied dans le secteur automobile européen. Le fonds souverain chinois pourrait, selon le journal officiel People’s Daily qui a pourtant peu l’habitude d’annoncer les rachats opérés par les sociétés publiques du pays avant leur officialisation, prendre une participation dans Daimler comprise entre 4% et 10%. Aux cours actuels, cette participation est valorisée entre 1,8 et 4,5 milliards d’euros. Dieter Zetsche, le directeur général du constructeur automobile allemand, avait ouvert une porte la semaine dernière en indiquant au Börsen-Zeitung que le groupe accueillerait avec bienveillance l’intérêt d’investisseurs de long terme, y compris chinois.

Le fonds chinois profiterait ainsi de la sortie du fonds souverain d’Abu Dhabi qui a cédé son reliquat de 3,1% dans Daimler. Au 30 septembre 2012, les investisseurs européens pesaient à hauteur de 70% dans le capital de Daimler (dont 34,1% d’actionnaires allemands), les Américains à hauteur de 18,5%, et les Asiatiques seulement 3,2%.

Un mouvement qui serait stratégique pour Daimler qui cherche à relancer les ventes de sa marque de luxe, Mercedes-Benz. Ses ventes ont chuté de 6,6% en Chine sur un an en novembre, alors que ses concurrents Audi et BMW affichent des progressions soutenues.

Daimler a récemment étoffé son directoire d’un poste confié à Hubertus Troska avec pour mission de piloter ce marché stratégique depuis la Chine. «Avec cette décision de créer au sein du directoire un poste spécifiquement pour ce marché, nous soulignons l’importance stratégique de la Chine pour Daimler», a d’ailleurs déclaré Manfred Bischoff, président du conseil de surveillance.

Jusqu’à présent, CIC, qui a 150 milliards de dollars d’intérêts dans des groupes étrangers, limite ses ambitions à des participations minoritaires afin de ne pas prêter le flan à des critiques lui reprochant des visées plus politiques qu’économiques. Zeng Zhiling, directeur chez LMC, estime que «CIC est un investisseur financier et n’a pas vocation à intervenir dans les opérations du groupe», même si le reliquat de la participation de Daimler dans EADS peut poser un problème stratégique.

La commission du Congrès américain s’est inquiétée récemment que 90% des participations chinoises prises dans des groupes stratégiques locaux aient été réalisées par des sociétés sous contrôle de l’Etat chinois.

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