Le fondateur de Paprec reprend le contrôle du groupe avec l’appui de Crédit Mutuel Arkéa
Avec quatre tours de table en dix-huit ans, Jean-Luc Petithuguenin, le président fondateur du groupe de recyclage Paprec, commence à connaître les rouages du capital investissement. La dernière opération constitue un bon exemple en la matière. Outre la sortie des précédents investisseurs, Financière Agache (Groupe Arnault), Quilvest et Rothschild (Five Arrows), rachetés par le dirigeant, Crédit Mutuel Arkéa (via Arkéa Capital Partenaire) apporte 50 millions d’euros dans le holding de tête tandis que le Fonds stratégique d’Investissement (FSI) injectera 100 millions. L’usage de la dette permet à Jean-Luc Petithuguenin de remonter au capital.
Le dirigeant détiendra 55% du holding de tête, aux côtés d’Arkéa (20%) et du groupe Les Papiers de presse (25%). Une société intermédiaire, détenue à 80% par la holding de tête, à laquelle sont associés les cent premiers cadres de l’entreprise, contrôlera pour sa part 57% d’un dernier véhicule. C’est dans celui-ci que le FSI injecte 100 millions de fonds propres pour 25% du capital. Minoritaire, malgré la taille de son apport, le fonds public dispose de trois administrateurs au conseil, sur un total de quinze, ainsi que de plusieurs droits de veto. BNP Paribas Développement, qui réinvestit dans l’opération, Société Générale Capital Partenaires, qui avait déjà participé au deuxième tour de table de Paprec, et CM-CIC Investissement complètent le tour de table. Groupe Arnault réinvestit une partie du produit de la cession de sa participation à hauteur de 3%. Le fonds avait apporté 100 millions d’euros en 2008 et dégage un taux de rendement de 15%.
L’opération a été réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de plus de 800 millions d’euros, dont 300 millions d’euros de dette, soit 8 fois l’excédent brut d’exploitation 2012. La dette senior a été souscrite par BNP Paribas, Crédit Lyonnais et Natixis, avant une syndication auprès d’autres établissements. Pour la première fois, Paprec a souscrit une dette mezzanine dirigée par Euromezzanine.
Ce montage doit permettre à Paprec de financer 100 millions d’euros d’investissements en 2013 afin d’atteindre un milliard de chiffre d’affaires d’ici à trois ans. Un nouvel apport de fonds propres n’est pas exclu dans les prochains mois, cette fois avec un partenaire industriel nord-américain ou asiatique, deux marchés encore peu développés en matière de recyclage, selon Jean-Luc Petithuguenin.
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