Le flou persiste sur la visibilité des résultats d’EDF
En raison de changements de périmètre ou de normes comptables, EDF a jugé bon d’envoyer début février aux analystes «sell-side» un communiqué les incitant à retenir les comptes 2009 retraités comme base pour effectuer leurs simulations de résultats pour 2010. Ces comptes font ressortir pour 2009 un chiffre d’affaires de 59,1 milliards d’euros inférieur de 11% au chiffre historique, un excédent brut d’exploitation (EBE) de 15,9 milliards contre 17,5 milliards publiés et un résultat d’exploitation de 9,3 milliards contre 10,1 milliards. Seul le bénéfice net reste inchangé à 3,9 milliards. En prévenant les analystes, EDF souhaite éviter de mauvaises surprises lors de la publication de ses résultats annuels le 15 février.
Les analystes de Société Générale ont indiqué hier avoir intégré dans leurs projections «l’ensemble des évolutions de périmètre (cession des réseaux britanniques et d’EnBW en Allemagne, déconsolidation de RTE), l’impact des changements comptables ou encore la baisse de la contribution d’Edison». En tenant compte d’un prix de vente de l’électricité nucléaire de 40 euros par MWh, ils ont ajusté en baisse de 20% en moyenne leur prévision d’EBE sur la période 2010-2012. Le cash-flow disponible resterait négatif sur la période en raison du niveau toujours élevé des investissements industriels, précisent-ils.
Pour autant, la visibilité sur les résultats d’EDF reste faible. Celle-ci pâtit de l’incertitude fondamentale entourant le prix de vente de son électricité nucléaire aux concurrents. Ce prix dit «ARENH» (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) sera fixé au départ par le gouvernement, en cohérence avec le tarif payé par certains industriels (Tartam), avant de converger progressivement avec le coût économique du parc nucléaire historique de l’opérateur. Ce coût sera déterminé par une formule, fixée par décret, après remise du rapport de la commission Champsaur fin février. La Commission de Régulation de l’Energie devra en outre donner son avis sur le prix de départ de l’ARENH et sur la formule.
Mais l’estimation du prix de revient servant à déterminer le prix de vente de l’électricité nucléaire à moyen terme bloque sur des divergences de vue entre EDF et ses concurrents. Différents niveaux de prix étant envisageables, il faudra donc encore attendre au moins jusqu’au printemps prochain pour avoir une idée plus claire sur l’évolution tarifaire du nucléaire sur la période 2011-2015.
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