Le fisc américain complique les affaires de Yahoo
Yahoo espérait prendre un nouveau départ une fois réalisée la scission de sa part de 15% au capital d’Alibaba, dans une société spécialement créée pour recevoir ces titres, ainsi qu’une activité dédiée aux petites entreprises. L’opération est en train de virer au casse-tête pour le groupe d’internet et sa dirigeante, Marissa Mayer. L’Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, a refusé de se prononcer sur les conséquences fiscales de cette scission alors que Yahoo espérait obtenir des garanties sur le fait d'être exempté de taxes. Le sujet est de taille pour le groupe américain: en cas d’imposition de la scission, la facture fiscale pourrait atteindre plus de 8 milliards de dollars sur la base de la valorisation actuelle de la part dans Alibaba (24 milliards de dollars).
L’IRS n’a pas totalement fermé la porte à une scission non imposable. Il a simplement refusé de se prononcer, laissant la liberté à Yahoo de poursuivre ou non son projet en l’état. Hier, la direction de Yahoo a indiqué que le conseil d’administration soupèsera les différentes options qui s’offrent à lui, y compris poursuivre sur la voie du spin-off. Selon les analystes, l’une des solutions envisageables serait de scinder dans une autre société non plus la part dans Alibaba mais les activités opérationnelles de Yahoo. Reste à savoir si ce spin-off inversé passerait entre les mailles du fisc américain, d’autant que le gouvernement américain réfléchit à réformer la législation actuelle pour compliquer un peu plus les «tax free spin-off».
Cette inconnue pèse depuis plusieurs mois sur la valorisation de Yahoo, dont le cours de Bourse a chuté de 38% depuis le début de l’année. Hier, plusieurs courtiers, comme Barclays ou Piper Jaffray, ont fortement abaissé leurs objectifs. Ce dernier est passé de 32 à 22 dollars, estimant désormais «à moins de 50% la probabilité que Yahoo soit en mesure de céder sa part dans Alibaba sans impôt».
Marissa Mayer compte sur cette scission pour redorer l’image de Yahoo auprès de ses actionnaires, en leur retournant une partie des gains de cet investissement. Yahoo avait déboursé 1 milliard d’euros en 2005 pour acheter 40% d’Alibaba. Il a déjà récupéré plus de 15 milliards de dollars bruts en réduisant sa part à 15%, notamment lors de l’IPO du groupe chinois en 2014.
Plus d'articles du même thème
-
AllianzGI lance ses premiers ETF actifs en Europe
Le marché européen des ETF actifs a atteint 85,6 milliards d’euros au 31 mars 2026, contre 52,5 milliards fin 2024. -
Kiloutou refinance sa dette obligataire de manière opportuniste
Le loueur d’équipements contrôlé par HLD et Dentressangle a bouclé une émission obligataire de 800 millions d'euros en deux tranches arrivant à maturité en 2030. L'objectif était de réduire le coût de financement. -
La réglementation financière et le logiciel de l’Europe
Qu'il s'agisse des exigences en fonds propres des banques, du statut des « non-banques » ou du bon calibrage des règles en matière de moyens de paiement, l'Union européenne peine à trouver le bon équilibre face aux coups de boutoir américains, souligne Vivien Levy-Garboua, professeur au département d'économie de Sciences Po.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreEtudes de santé : les errances de l’accès au diplôme
La réforme de l’accès aux études de santé, présentée mi-avril dernier, est le dernier avatar en date des errances de la formation en santé. Elle apporte une clarification ponctuelle bienvenue, mais les difficultés structurelles tout au long des cursus persistent -
Prix du kérosène : Transavia annule des vols pour les mois de mai et juin
La compagnie aérienne low-cost Transavia a annoncé dimanche 26 avril des annulations de vols de « moins de 2 % du programme sur la période mai-juin », selon un porte-parole. La raison ? L’augmentation du prix du kérosène, une répercussion directe de la situation au Moyen-Orient. -
Attentat manqué contre Donald Trump à Washington : qui est le tireur ?
Le tireur présumé de l’attentat manqué contre Donald Trump s’appelle Cole Tomas Allen, il est âgé de 31 ans et réside à Torrance, dans la banlieue de Los Angeles.