Le fiasco Uramin pousse Areva à revoir toute sa gouvernance

Le rapport ad hoc reconnaît des dysfonctionnements mais conclut à une responsabilité collective. Le groupe pourrait passer à un conseil d’administration
Olivier Pinaud
Photo: Bloomberg
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Des «dysfonctionnements dans la gouvernance» mais «aucun élément venant accréditer (…) les thèses de manœuvres frauduleuses». Rien à dire également au niveau des comptes. Le rapport du comité ad hoc mis en place fin 2011 par le groupe de nucléaire pour faire la lumière sur le rachat d’Uramin en 2007 conclut à une forme de responsabilité collective.

Aucun des dirigeants de l’époque, Sébastien de Montessus, patron des mines, Anne Lauvergeon, présidente du directoire, et Frédéric Lemoine, président du conseil de surveillance, ne sont nommés dans la synthèse du rapport publiée hier. Les deux derniers ont quitté leurs fonctions en 2011 et 2009. Toujours en poste, Sébastien de Montessus aurait présenté sa démission hier.

Cette opération a coûté 1,46 milliard d’euros de dépréciations à Areva en 2011, pour trois mines d’uranium achetées 1,8 milliard. Les actifs ne valent plus que 410 millions.

Payée «au prix fort, avec une prime d’environ un tiers par rapport à la valeur intrinsèque que représentait cet actif pour Areva», l’acquisition «s’inscrivait bien dans la stratégie du groupe qui visait à partir de 2006 (…) à renforcer sa position de numéro deux mondial», indiquent les trois administrateurs indépendants chargés du rapport. En revanche, le mode de direction du groupe laissait à désirer.

Areva a ainsi acheté 5,5% du capital d’Uramin en mars 2007 sans que le directoire et le conseil de surveillance ne soient associés à cette décision. «Compte tenu du caractère stratégique de cette opération, il aurait été opportun qu’ils soient consultés, même si les statuts d’Areva ne l’imposaient pas», reconnaissent les auteurs. De même, «les procédures d’instruction du dossier d’OPA ont été peu formalisées», le projet ayant été «évoqué lors d’une séance du directoire et de deux comités exécutifs nucléaires, avant d’être soumis à l’approbation du conseil de surveillance».

Sans l’écrire, le conseil de surveillance, aujourd’hui présidé par Luc Oursel, membre du directoire lors du rachat d’Uramin, reconnaît implicitement la légèreté de ces méthodes. Après ce rapport, il promet une refonte complète de la gouvernance : autorisation préalable du conseil pour tout investissement de plus de 20 millions d’euros, mise en place d’un comité d’éthique, formalisation écrite des travaux des instances. Et enfin, la possible transformation du groupe en société à conseil d’administration.

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