Le dividende de GDF Suez semble plus sûr que celui de l’allemand RWE

Alors que RWE a dû diviser par deux son dividende, l'évolution récente du modèle économique de GDF Suez a levé les doutes sur sa génération de cash
Olivier Pinaud

La division par deux du dividende annoncé par RWE pour l’exercice 2013 n’a pas amélioré l’image du secteur des groupes d’électricité européens. L’indice Stoxx 600 Utilities a plié de 0,5% vendredi, ramenant à 4% sa progression depuis le début de l’année, loin derrière la hausse de 12% de l’indice global Stoxx 600. Même si l’annonce de RWE n’a pas surpris, en raison de la nécessité du groupe allemand à réduire sa dette et à faire face à la dégradation de la situation en Europe, elle a renforcé les inquiétudes sur la capacité des «utilities» européens à couvrir financièrement leur dividende.

Ces doutes épargnent en revanche EDF et GDF Suez, dont les cours ont progressé vendredi. Le premier bénéficie de ses positions sur le marché régulé français et il est moins exposé que ses confrères au segment des centrales thermiques à gaz, les plus touchées par la concurrence bon marché du charbon. Quant à GDF Suez, l’évolution progressive de son modèle économique ces derniers mois lui donne aujourd’hui plus de souffle financier. Le groupe présidé par Gérard Mestrallet avait payé son dividende 2012 en actions pour financer une partie de l’acquisition d’International Power. «GDF Suez place aujourd’hui la protection du dividende avant ses investissements», estiment les analystes de Credit Suisse.

Jusqu’il y a encore quelques mois, GDF Suez développait, construisait, exploitait et finançait seul ses projets afin de profiter au maximum de leur potentiel de croissance. Aujourd’hui, face à la crise et à la montée de son endettement, le groupe continue de développer, de construire et d’exploiter des infrastructures d’énergies mais les finance avec des partenaires. Selon Credit Suisse, cette stratégie améliore le retour sur capitaux employés, réduit le risque et rend les affaires du groupe plus flexibles. De même, en s’associant avec des partenaires locaux à l’étranger, le groupe peut avoir accès à des financements publics meilleur marché. Enfin, ce mécanisme permet de déconsolider la dette des projets.

Au bout du compte, grâce à cette stratégie, les cash-flows récurrents générés par les actifs actuellement en portefeuille de GDF Suez couvrent largement le dividende et génèrent même un surplus cumulé de 11,8 milliards d’euros pour la période 2013-2017, calculent les analystes de Credit Suisse.

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