Le discours de Kraft Foods jette le doute sur ses intentions
Kraft Foods pourrait passer son tour sur Cadbury. A l’approche de la date butoir du 9 novembre, l’idée fait son chemin sur le marché. Les doutes sur les intentions de l’américain ont notamment grandi après la publication de ses résultats mardi soir. Il a indiqué à cette occasion vouloir rester «discipliné» ajoutant qu’il ne fera pas d’offre formelle si cela l’empêche de maintenir son dividende.
Une chose est sure, il lui sera difficile de conserver son offre préliminaire (300 pence et 0,2589 de ses actions) en l’état. Depuis son annonce début septembre, jamais cette offre n’a dépassé ou même égalé le cours de Cadbury (voire graphique). Hier, à 732 pence en journée elle accusait encore une décote de 5,5% sur le cours.
Plusieurs investisseurs ont déjà dit qu’une offre devrait dépasser 800 pence. Un actionnaire de Cadbury a fixé la barre à 820 pence, tandis que des sources au fait de la situation relayées par Reuters ont parlé d’une zone de 800 à 830 pence comme base de discussion.
«Nous doutons que Kraft aille au-delà de 780 pence», note pourtant JPMorgan. Ce qui s’avérerait donc insuffisant. En cas de maintien du volet en titres, un tel prix supposerait le versement de 350 pence en cash, soit un total de 8 milliards de dollars et un surcoût de 1,13 milliard de dollars. Au-delà, en approchant des 400 pence, beaucoup jugent que la note investisseur (investment grade) de Kraft serait en risque.
Bref, JPMorgan fait part de «son sentiment croissant que Kraft pourrait passer son tour». Le groupe devrait alors patienter un an avant de revenir. Mais il n’a pour l’heure pas de concurrent déclaré et ce délai donnerait à Kraft et au marché un peu de recul sur le plan annoncé il y a deux semaines par Cadbury.
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