Le directeur général de Manitou fait les frais d’un pilotage mal maîtrisé
Pour la deuxième fois en trois ans, Manitou sacrifie son directeur général. Aux commandes de la société depuis 2009 et le limogeage de Bruno Fille, Jean-Christophe Giroux a démissionné de son poste. Le numéro un mondial des chariots élévateurs s’est mis en quête d’un nouveau dirigeant. D’ici là, Dominique Bamas, administrateur de la société depuis 2009, occupera le poste par interim.
Si Bruno Fille avait payé le fiasco financier du rachat du groupe américain Gehl, Jean-Christophe Giroux fait les frais du dérapage opérationnel de Manitou en 2012. A son arrivée, le dirigeant voulait doubler la taille de la société à moyen terme. Une ambition qui a nécessité d’importants moyens mais qui a détourné le groupe de ses priorités opérationnelles. D’où la décision de la famille Braud, actionnaire de référence de Manitou avec 32% du capital, de reprendre la main sur la stratégie de la société, même si celle-ci a amélioré son bénéfice net en 2012 à 46 millions d’euros net.
Il est notamment reproché à Jean-Christophe Giroux d’avoir mal anticipé ces derniers mois un changement de réglementation pour la division machines tout terrain (RTH) qui, avec 857 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, assure à elle seule 68% du total du groupe. La remotorisation de cette gamme d’engins a entraîné des surcoûts par machine de l’ordre de 3.000 euros à comparer à un prix de vente moyen de 50.000 euros. Conséquence, la marge opérationnelle de la division est tombée à 3,2% en 2012 contre 5,8% un an auparavant. «Les gains de compétitivité de la société ont été absorbés par ces difficultés», regrette un gérant. Et les prochaines années s’annoncent tout aussi compliquées: pour l’instant, le groupe n’a remotorisé que 15% de son parc. Une perspective qui explique en grande partie la chute de 12% du cours de l’action hier, à 12 euros.
L’environnement concurrentiel en Europe a aggravé les conséquences des erreurs internes de la société. Aidé par l’appréciation relative de l’euro par rapport à la livre, le britannique JCB a fait monter d’un cran la guerre des prix engagée par plusieurs constructeurs en difficultés financières, comme l’italien Merlo.
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