Le dialogue actionnarial s’élargit à la biodiversité
En 2022 les investisseurs assujettis à l’article 29 de la loi Energie Climat se sont essayés à la mesure d’empreinte biodiversité, avec des méthodologies encore approximatives. Les entreprises ont été naturellement sollicitées.
Ainsi le questionnaire que le FIR (Forum pour l’Investissement Responsable) adresse depuis 2020 auprès des entreprises du CAC 40 inclut toujours une question sur la biodiversité. «Nous constatons que rares, à l’exception des secteurs de l’agroalimentaire, de la chimie et du textile, sont les entreprises du CAC 40 qui ont intégré à leurs réflexions la question de leur dépendance aux ressources naturelles», a témoigné Nathalie Lhayani, directrice du FIR, à l’occasion des deuxièmes Rencontres de la biodiversité organisées par L’Agefi le 16 mars à la Maison de l’Océan à Paris. «Parce qu’en tant qu’investisseurs nous devons répondre aux objectifs de l’article 29, nous les interrogeons également sur les outils qu’elles utilisent, qui se développent».
Les entreprises ayant déjà engagé des travaux trouvent que ces échanges leur sont profitables.
«Il faut que les investisseurs nous poussent, il nous faut accepter de revoir nos modèles d’affaires et bien sûr des mesures d’interdiction et de régulation beaucoup plus fortes au niveau français, européen», a déclaré Fabrice Bonnifet, directeur Développement durable & Qualité, Sécurité, Environnement au sein du groupe Bouygues.
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Faciliter le dialogue
Utilisant CDC Biodiversité, l’outil développé en ses murs, la Caisse des Dépôts a rendu publique une première approche de son empreinte biodiversité en 2022, pour les portefeuilles actions et obligations. «Il nous reste à étendre cette mesure à d’autres classes d’actifs : non-coté, dette souveraine, et surtout publier des objectifs de réduction», a expliqué Laureen Tessier Haygarth, responsable du service Investissement responsable au sein de la Caisse des Dépôts.
Le groupe a également commencé à engager un dialogue sur ces questions en 2022, avec un focus sur les secteurs de l’agroalimentaire et de la chimie. « Cette année nous avons engagé 24 entreprises du portefeuille cette fois sur le secteur du transport. Beaucoup n’ont pas abouti sur une mesure complète des cinq pressions», constate-t-elle. La mise en place de politiques zéro déforestation «crédibles» sera un point d’attention dans les entreprises du secteur des matières premières dans le cadre du dialogue actionnarial.
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