Le départ du directeur général affaiblit un peu plus Metro
Eckhard Cordes disait bénéficier il y a un mois à peine du soutien des deux familles actionnaires du distributeur. Le directeur général de Metro a pourtant annoncé dimanche sa volonté de quitter son poste en octobre 2012, à l’issue de son premier et unique mandat à la tête de la société. Une décision qui a entraîné une chute de 3,2% de l’action du groupe allemand hier à la Bourse de Francfort car elle replonge le distributeur dans une phase d’incertitude. Depuis le début de l’année, le cours du titre Metro a chuté de 40%, plus que les 37% de baisse accumulés par Carrefour.
Il y a quelques mois, mécontents des performances du groupe, les actionnaires majoritaires de Metro, les familles Haniel et Schmidt-Ruthenbeck, avaient tenté de lui trouver un remplaçant, aussi bien en interne qu’en externe. En vain. «Nous sommes revenus à la case départ et Haniel est sous pression pour trouver un successeur», indique UniCredit. Plusieurs noms ont été évoqués, comme ceux du directeur financier Olaf Koch, de Joël Saveuse, un ancien de Carrefour chez Metro depuis 2007, ou de Thomas Huebner, ancien de Metro aujourd’hui chez Carrefour.
En plus de souligner les qualités et l’expérience du dirigeant âgé de 60 ans, les investisseurs s’inquiètent surtout de la désunion du conseil de surveillance de Metro. Pour justifier son prochain départ, Eckhard Cordes invoque en effet le manque de soutien reçu ces derniers mois de la part de certains membres du conseil alors que le groupe et lui-même faisaient l’objet de différentes rumeurs. «La désunion du conseil soulève des questions concernant la stratégie et l’activité», reconnaissent les analystes de Bank of America Merrill Lynch.
Arrivé aux commandes en novembre 2007, Eckhard Cordes est à l’initiative du plan «Shape 2012». Lancé début 2009, ce programme doit permettre à Metro d’accumuler 1,5 milliard d’euros de bénéfices supplémentaires d’ici à la fin de 2012. «L’annonce de son départ avant la fin du plan fait craindre que Metro n’atteindra pas les pleins bénéfices escomptés», indique le courtier Sanford Bernstein. En août, le distributeur avait annoncé des résultats inférieurs aux attentes au deuxième trimestre, en raison des prix élevés de l’alimentation et de la crise en Europe. Et avait prévenu à l’époque que ses résultats annuels dépendront de l’amélioration du contexte économique, ce qui est improbable aujourd’hui. Metro publie ses résultats trimestriels le 3 novembre.
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