Le débat sur la transition énergétique prend de l’ampleur à l'échelle européenne

Un comité informel regroupant dix grands énergéticiens souhaite l’arrêt des subventions aux renouvelables dans les pays de l’Union
Yves-Marc Le Reour

Dix géants de l’énergie accroissent la pression sur l’Union européenne pour qu’elle modifie l’orientation de sa politique dans ce secteur. Constitué au printemps dernier, le groupement informel Magritte, qui comprend les dirigeants de GDF Suez, E.On, RWE, Enel, Eni, Iberdrola, Gas Natural, Vattenfall, CEZ et Gas Terra, a lancé vendredi un nouvel appel depuis Bruxelles en faveur de l’arrêt des soutiens financiers aux énergies renouvelables dans la région, estimant que ces moyens de production viennent s’ajouter à un marché déjà excédentaire.

«Dans des secteurs comme l’acier, l’automobile et le raffinage, où il existait des surcapacités, il y a eu des fermetures. Mais dans le secteur de l'énergie, nous avons massivement subventionné des capacités supplémentaires dans le solaire et l'éolien, ce qui nous a conduits dans la situation absurde dans laquelle nous sommes aujourd’hui», a déclaré lors d’une conférence de presse Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez.

Malgré un rythme de croissance moins dynamique qu’en 2011, les renouvelables ont représenté l’an dernier 70% des capacités nouvelles installées dans l’Union, sur un total de 44,9 GW, montre la 15e édition de l’Observatoire européen de l’énergie publiée la veille par Capgemini. En parallèle, la marge brute des 41 sociétés électriques et gazières analysées dans la région a poursuivi sa tendance baissière (18,7% contre 19,4% en 2011) et cette rentabilité devrait encore reculer en 2013.

Les subventions accordées ont été payées, de façon variable selon les pays, par les consommateurs, les «utilities» et les contribuables. Sans préjuger des coûts indirects liés à une nécessaire reconfiguration des réseaux, l’énergie solaire reste la plus chère avec un coût de production pouvant atteindre en France 400 euros par MW/h, contre environ 200 euros pour l’éolien ‘offshore’ et 80 euros pour l’éolien ‘onshore’.

Le débat sur le mix-énergétique a également rebondi dans l’Hexagone, avec la décision du Conseil constitutionnel de valider la loi interdisant l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, interdiction qui avait été contestée par la société américaine Schuepbach Energy. «Le législateur a poursuivi un but d’intérêt général de protection de l’environnement», a précisé le Conseil à propos du grief développé par Schuepbach sur l’atteinte à la liberté d’entreprendre.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...