Le débat est relancé sur les liens entre Areva et EDF
Malgré les récentes rumeurs sur un report de sa levée de fonds, le calendrier est bien en train de s’accélérer chez Areva. Confirmant des informations des Echos, des sources au fait du dossier indiquaient hier que le projet d’augmentation de capital à hauteur de 15% sera discuté le mois prochain en vue d’engager l’opération avant la fin de l’année. Areva n’a pour sa part pas souhaité commenter.
Si l’imminence de l’opération devrait clarifier quelque peu le plan de financement d’Areva grâce aux fonds levés (la valorisation est encore discutée, mais serait de 2 milliards au cours actuel des certificats), ce calendrier serré jette en revanche le trouble sur le rôle d’EDF au sein de la filière, loin de la primauté que lui reconnaissait le rapport Roussely.
De fait, l’électricien n’interviendra pas immédiatement. «Le schéma discuté privilégie l’entrée des partenaires stratégiques déjà évoqués [Mitsubishi Heavy Industries, des fonds du Qatar et du Koweit, ndlr], note l’une des sources. La porte pourrait être ouverte à EDF mais dans un second temps».
Si BFM évoquait hier de source proche des délais trop réduits pour intégrer EDF, on peut aussi y voir la preuve de la difficulté à trancher dans ce dossier de la filière nucléaire, d’autant que, de bonne source, les points de vue ne sont pas unanimes à l’Elysée.
EDF qui a déjà 2,4% d’Areva souhaite monter au plus vite afin que soit officiellement reconnu son rôle de chef de file hexagonal. En face, Areva est moins pressé. Bénéficiant du soutien de Bercy et de Matignon, le groupe craint qu’un resserrement marqué des liens avec EDF ne pèse sur ses relations avec ses autres clients. Une source industrielle laissait ainsi entendre à L’Agefi fin septembre qu’un tel schéma pourrait conduire GDF Suez à se détourner de l’Atmea et à opter pour la technologie Westinghouse. Simple coïncidence? C’est d’ailleurs au moment où le schéma sur la levée de fonds d’Areva se clarifie qu’est évoquée la reprise des discussions entre GDF Suez et Areva.
Face à EDF (par ailleurs opposé à l’entrée de MHI), le groupe d’Anne Lauvergeon est donc visiblement parvenu à gagner une manche. Du moins de manière temporaire, car les investisseurs pourront avancer que le futur rôle d’EDF au sein de la filière et chez Areva n’est toujours pas clairement défini. Une incertitude qui pourrait jouer sur la valorisation.
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