Le coût du carburant pèse sur le secteur aérien
Peut-être la sensibilité des compagnies aériennes aux variations du prix du carburant poussera-t-elle le secteur à chercher des solutions vertes. En attendant, les dernières publications comptables ont montré en quoi le carburant reste le nerf de la guerre. Sa hausse a grevé les comptes des compagnies, provoquant fréquemment un effet ciseau avec la baisse des prix liée à une concurrence féroce.
La compagnie australienne Qantas a vu ses dépenses en carburant augmenter de 19% au cours de son exercice annuel 2018-19 (clos le 30 juin) ; elles ont contribué à la chute de 17% du bénéfice imposable, à 1,3 milliard de dollars australiens. Dans la même zone, Air New Zealand a subi une chute de 31% de son bénéfice avant impôt (à 374 millions de dollars néozélandais) : parmi les raisons invoquées par la compagnie kiwi figure également la hausse du carburant.
L’Europe n’échappe pas à la règle. Comme au premier trimestre, Lufhansa a souffert de la hausse du carburant au trimestre suivant : son coût s’est accru de 217 millions d’euros entre avril et juin, portant l’augmentation au premier semestre à 456 millions pour la compagnie allemande et ses filiales (Austrian, Swiss International, Eurowings…). Le bénéfice opérationnel a chuté de 25% au deuxième trimestre (à 754 millions), le groupe souffrant en plus de la guerre des prix et de surcapacités en Europe.
Air France-KLM a souffert du même phénomène, mais le transporteur franco-néerlandais est parvenu à le compenser. Malgré une facture de carburant gonflée de 220 millions d’euros, il affiche une croissance de 15,6% de son résultat opérationnel au deuxième trimestre, à 400 millions. L’amélioration des ventes et «la mise en place d’une réduction du coût unitaire nous ont permis de faire mieux que compenser la hausse des coûts de carburant», a expliqué Ben Smith à l’époque.
Les compagnies anticipent la poursuite de l’augmentation des prix du carburant. Qantas prévoit une hausse de ce poste budgétaire de 100 millions de dollars australiens pour l’exercice 2019-2020. Le groupe australien précise toutefois être totalement couvert et pense bénéficier d’une hausse de la devise locale. Lufthansa anticipe pour son exercice annuel 2019 une augmentation de 550 millions d’euros, pour une facture totale de 5,7 milliards.
Profitant probablement de la hausse du dollar, les compagnies américaines se distinguent positivement. Les dépenses en carburant ont par exemple reculé de 5% chez American Airlines et de 2,1% chez Delta Airlines au deuxième trimestre.
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