Le coût de la marée noire de BP pourrait grimper fortement
BP n’est pas au bout de ses peines. Si le pétrolier britannique pouvait espérer avoir circonscrit son risque judiciaire après la marée noire du printemps 2010 dans le Golfe du Mexique, le département américain de la Justice se montre beaucoup plus sévère, accusant le groupe de «négligence manifeste et de mauvaise gestion délibérée» dans de nouveaux documents transmis au tribunal. Le procès doit s’ouvrir le 14 janvier 2013.
«Le comportement, les termes et les décisions des dirigeants de BP auraient été inacceptables dans une entreprise de taille moyenne, fabricant des articles de bonneterie mis en vente dans un centre commercial de banlieue», n’hésitent pas écrire les avocats du gouvernement dans un document transmis le 31 août à la cour fédérale de la Nouvelle Orléans.
«Le ton utilisé par le département de la Justice est évidemment décevant, note Oriel Securities. Il suggère que l’espoir d’un règlement à l’amiable s’estompe». Avis partagé par le marché, l’action BP reculant hier de 2,92% à 423,85 pence à Londres, toujours 30% en dessous de son niveau de début 2010, avant la catastrophe. Le pétrolier devrait fourbir ses armes pour sa défense, mais «le risque est que le procès s’étale plusieurs années, ce qui est susceptible de peser sur l’action».
Pour l’heure, BP a déjà provisionné 38 milliards de dollars au titre de cette catastrophe. Cependant, «en cas de verdict reconnaissant une ‘négligence grossière de BP’, le montant des dommages civils dus au titre du Clean Water Act pourrait être quadruplé et passer de 5,2 à 21 milliards de dollars, sans compter les éventuels dommages punitifs, rappelle CM-CIC. Le coût de l’accident survenu sur le puits Macondo en avril 2010 pourrait ainsi dépasser de près de 15 milliards les 38 milliards de dollars provisionnés par BP». Reuters chiffre à 69 milliards le coût maximum pour le groupe.
En mars dernier, le pétrolier avait signé un accord soldant les poursuites avec le secteur privé pour près de 8 milliards de dollars, tout en précisant que ce montant estimatif pourrait être largement dépassé, l’accord ne prévoyant pas de limite maximale à l’indemnisation de chaque victime. Avec ce nouveau rebondissement, l’espoir d’un accord avec les autorités américaines avant l’élection présidentielle de novembre semble vain.
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