Le coût de la dette obligataire touche un plancher pour les entreprises
Jamais autant d’entreprises n’avaient pu se financer aussi peu cher sur le marché obligataire. Bien que les spreads restent supérieurs à leurs niveaux de 2005-2006, le nombre de sociétés ayant pu émettre de la dette à faible coupon a atteint un sommet au quatrième trimestre. La proportion des émissions à bas coupon (de 0 à 5%) dans le total émis s’est élevée à 57%, selon Thomson Reuters.
La faiblesse des taux directeurs et l’impact des programmes d’assouplissement quantitatif sur la partie longue de la courbe, au moins jusqu’à fin novembre, expliquent le phénomène. Quelques records historiques ont dès lors pu être établis, cette année, aux Etats-Unis. Wal-Mart et Coca Cola ont ainsi émis des obligations à 3 ans payant 0,75%. Le distributeur américain a failli établir un autre record à 5 ans, mais s’est fait souffler la première place par Colgate Palmolive et son coupon de 1,375%. A 10 ans et 30 ans, c’est Johnson & Johnson qui remporte la palme, avec des coupons respectifs de 2,95% et 4,5% sur ces maturités. Le fabricant de produits d’hygiène et de santé fait il est vrai partie du cercle très fermé des entreprises encore notées AAA.
Ces coûts historiquement bas de la dette, en valeur absolue, ont d’ailleurs eu un autre effet. L’écart de rendement entre actions (élevé, en raison de PER faibles) et obligations atteignant des sommets, les entreprises ont intérêt à procéder à des arbitrages. On assiste ainsi depuis un an à une remontée des volumes de rachats d’actions, notamment aux Etats-Unis, financés pour partie par des émissions obligataires bon marché.
Reste à savoir si, avec la récente remontée des taux et des swaps spreads aux Etats-Unis comme en Europe, la tendance pourra perdurer en 2011.
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