Le cours de Bourse est davantage corrélé à l’information financière

La qualité de l’information influe sur les critères d’investissement. Or, la définition de certains indicateurs change trop souvent
Bruno de Roulhac

Quelles bonnes pratiques d’information financière faut-il retenir pour la clôture des comptes 2012? Lionel Escaffre, commissaire aux comptes et professeur à l’université d’Angers, a apporté quelques pistes de réponse lors d’une matinale de l’association de gestion financière IMA France.

Quels que soient les sujets traités, Lionel Escaffre invite les émetteurs à ne pas se contenter d’un tableau mais à donner une information narrative, avec des phrases simples, à l’indicatif présent, sans forme passive, source d’ambiguïté qui peut impacter les critères d’investissement. Signe de l’amélioration de cette information, «l’élasticité est plus grande entre le cours de Bourse et l’information financière», constate Lionel Escaffre.

Parmi les thématiques qui émergent, la trésorerie est de plus en plus suivie par les investisseurs et analystes. Mais aussi la définition des secteurs opérationnels, particulièrement complexe, essentielle car elle servira à la valorisation de la société. Or «encore beaucoup de groupes changent fréquemment leur secteur opérationnel», constate Lionel Escaffre. En revanche, le document de référence 2011 d’Areva est exemplaire. Le groupe identifie les secteurs, précise la notion de Business Unit, donne une information géographique avec une approche risque pays, indique l’évolution sur un an et affine ses données par une approche matricielle (secteur et zone géographique).

En matière de dépréciation des écarts d’acquisition, l’AMF recommande de préciser la sensibilité des tests de dépréciation à une variation des taux d’actualisation et du taux de croissance à l’infini, mais aussi à la variation raisonnablement possible des volumes/prix de vente ou des taux de marge retenus sur les cash-flows projetés dans le modèle.

Parmi les bons élèves, Lionel Escaffre cite Capgemini et Poweo, qui précisent bien la méthodologie et les hypothèses employées, justifient l’affectation des dépréciations par zones géographiques ou encore présentent des scénarios de variation de la valeur recouvrable. Toutefois, «la méthode du DCF (discounted cash flow) n’a aucune justification économique», glisse au passage Lionel Escaffre.

Du côté des indicateurs de performance, l’AMF recommande qu’un nouvel indicateur soit défini, stable dans le temps, motivé et accompagné d’une information pro forma. Or, «l’Ebitda continue à être calculé différemment chaque année par certains groupes», relève Lionel Escaffre.

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