Le cours de Bourse est davantage corrélé à l’information financière
Quelles bonnes pratiques d’information financière faut-il retenir pour la clôture des comptes 2012? Lionel Escaffre, commissaire aux comptes et professeur à l’université d’Angers, a apporté quelques pistes de réponse lors d’une matinale de l’association de gestion financière IMA France.
Quels que soient les sujets traités, Lionel Escaffre invite les émetteurs à ne pas se contenter d’un tableau mais à donner une information narrative, avec des phrases simples, à l’indicatif présent, sans forme passive, source d’ambiguïté qui peut impacter les critères d’investissement. Signe de l’amélioration de cette information, «l’élasticité est plus grande entre le cours de Bourse et l’information financière», constate Lionel Escaffre.
Parmi les thématiques qui émergent, la trésorerie est de plus en plus suivie par les investisseurs et analystes. Mais aussi la définition des secteurs opérationnels, particulièrement complexe, essentielle car elle servira à la valorisation de la société. Or «encore beaucoup de groupes changent fréquemment leur secteur opérationnel», constate Lionel Escaffre. En revanche, le document de référence 2011 d’Areva est exemplaire. Le groupe identifie les secteurs, précise la notion de Business Unit, donne une information géographique avec une approche risque pays, indique l’évolution sur un an et affine ses données par une approche matricielle (secteur et zone géographique).
En matière de dépréciation des écarts d’acquisition, l’AMF recommande de préciser la sensibilité des tests de dépréciation à une variation des taux d’actualisation et du taux de croissance à l’infini, mais aussi à la variation raisonnablement possible des volumes/prix de vente ou des taux de marge retenus sur les cash-flows projetés dans le modèle.
Parmi les bons élèves, Lionel Escaffre cite Capgemini et Poweo, qui précisent bien la méthodologie et les hypothèses employées, justifient l’affectation des dépréciations par zones géographiques ou encore présentent des scénarios de variation de la valeur recouvrable. Toutefois, «la méthode du DCF (discounted cash flow) n’a aucune justification économique», glisse au passage Lionel Escaffre.
Du côté des indicateurs de performance, l’AMF recommande qu’un nouvel indicateur soit défini, stable dans le temps, motivé et accompagné d’une information pro forma. Or, «l’Ebitda continue à être calculé différemment chaque année par certains groupes», relève Lionel Escaffre.
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Emmanuel Moulin proposé par l’Elysée pour prendre la tête de la Banque de France
Paris - «Il coche toutes les cases», y compris celle, encombrante, de rouage-clé de la macronie: Emmanuel Moulin, proposé mardi par Emmanuel Macron comme gouverneur de la Banque de France, est un haut fonctionnaire au profil très politique qui a gravi tous les échelons financiers de l’Etat. Le président de la République connaît bien celui qu’il soumet au vote des parlementaires pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de l’institution monétaire, puisque l’ex-directeur général du Trésor a été au cours de la dernière année son bras droit en tant que secrétaire général de l’Elysée. Deux postes stratégiques qui illustrent le double parcours de cet énarque discret mais affable, aux faux airs d’inspecteur Columbo, surtout lorsqu’il enfile son imperméable beige. A 57 ans, l’inspecteur général des finances également diplômé de Sciences Po et de l’Essec verrait la Banque de France comme le couronnement d’une carrière entamée à la Banque mondiale. Emmanuel Moulin commence dès 2007 à travailler dans les cercles de l’exécutif, sous la droite, un passé qu’il met en avant aujourd’hui pour relativiser l'étiquette macroniste et gagner la confiance des élus Républicains. Chez Christine Lagarde à Bercy puis à l’Elysée auprès de Nicolas Sarkozy, il contribue à naviguer à travers la crise de l’euro. «Autodérision» Après un passage dans le privé -- Eurotunnel puis Mediobanca -- pendant le quinquennat du socialiste François Hollande (2012-2017), il revient au ministère des Finances comme directeur de cabinet de l’ex-LR Bruno Le Maire. Avant d'être nommé directeur du Trésor fin 2020. Début 2024, nouvelle promotion politique. Emmanuel Macron, qui vient de nommer le jeune Gabriel Attal à Matignon, lui adjoint cet homme d’expérience comme directeur de cabinet. Un passage rapide, stoppé net par la dissolution de l’Assemblée nationale qui éloigne aussi le président et son éphémère Premier ministre, entre lesquels Emmanuel Moulin tentera ensuite de jouer les entremetteurs, sans succès. «C’est un grand serviteur de l’Etat qui a aussi beaucoup d’humour et d’autodérision», dit de lui Louis Jublin, ancien conseiller de Gabriel Attal, évoquant «quelqu’un de très solide et très rassurant dans les crises», avec un vrai «sens politique» acquis auprès de «Sarko». Arrivé à l’Elysée en avril 2025 en tant que secrétaire général, cet homme souriant a la lourde tâche de succéder à Alexis Kohler, jusque-là inamovible auprès d’Emmanuel Macron. A l’approche de la fin de règne, ce père de quatre enfants, marié à la chercheuse spécialiste des Etats-Unis Laurence Nardon, fait alors partie du cercle de plus en plus restreint autour du chef de l’Etat. Avec les atouts d’un homme «rationnel et politique à la fois», glisse une conseillère de l’exécutif, qui se demande «si le président l'écoute vraiment». La dette en question Au sein du bloc central, certains lui reprochent des conseils mal avisés. «C’est Moulin qui a expliqué au président que nommer Bruno Le Maire comme ministre des Armées, c'était génial», croit savoir un proche d’Emmanuel Macron, un choix qui, en octobre, ulcère la droite et fait capoter tout le premier gouvernement de Sébastien Lecornu. Quand François Villeroy de Galhau annonce qu’il partira en juin, un an et demi avant sa fin de mandat, Emmanuel Moulin fait vite savoir qu’il va «tenter sa chance». «Devenir gouverneur de la Banque de France, c’est un souhait de sa part, il ne s’en est jamais caché», rapporte un ex-conseiller ministériel qui l’a côtoyé. Sur le papier, il en a «les compétences», assure une ministre macroniste pour qui «il coche objectivement toutes les cases». «Il ferait ça très bien, il connaît les marchés et les affaires européennes», abonde un acteur du monde financier, sous couvert de l’anonymat. Parmi les opposants les plus farouches au chef de l’Etat, l’insoumis Eric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée, reconnaît qu’il est «sûrement très compétent, techniquement». Mais il a été «au service de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017", proteste le député, qui y voit un problème «d’indépendance et de neutralité». A l’autre bout de l'échiquier politique, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy est plus sévère. «Il est incompétent», dit-il à l’AFP, fustigeant sa responsabilité présumée dans l’aggravation de la dette française. Francesco FONTEMAGGI © Agence France-Presse -
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