Le cours de Bourse d’EADS a enfin effacé la crise de l’A380 en 2006
Louis Gallois, le président exécutif d’EADS, cédera cet été à Thomas Enders les commandes d’un groupe apaisé et en pleine forme. Le fabricant d’avions, de satellites et d’armes, profite à plein du cycle de croissance dans lequel se trouve le secteur aéronautique mondial. Il a dégagé en 2011 un chiffre d’affaires de 49,12 milliards d’euros en hausse de 7,3%, et un résultat d’exploitation avant élément non récurrent de 1,8 milliard, 34% de plus qu’en 2010. Le modèle est vertueux: EADS a généré plus de 2,5 milliards de cash-flow disponible. Le groupe repose sur une trésorerie nette de 11,6 milliards d’euros.
Et 2012 s’annonce tout aussi bon. EADS anticipe une hausse supérieure à 6% de son chiffre d’affaires. La direction prévoit un résultat d’exploitation avant éléments non récurrents supérieur à 2,5 milliards d’euros, grâce à la dynamique commerciale d’Airbus, qui a représenté en 2011 un tiers du résultat d’exploitation. Signe de la confiance du groupe: le dividende est quasiment doublé à 0,45 euro par action, ce qui le rapproche des montants distribués avant l’affaire de l’A380 en 2006. «La cash machine poursuit son chemin», lancent les analystes d’Oddo, même si EADS n’a pas quantifié le montant du cash-flow attendu en 2012, se bornant à indiquer qu’il sera positif. L’action s’est envolée hier de 10,78% à 29,74 euros, son plus haut niveau depuis le report en 2006 du programme A380.
D’un point de vue de gouvernance, la situation est également clarifiée, alors que la direction avait été tiraillée après cet épisode entre les intérêts des deux premiers actionnaires, les Etats français et allemands. En réponse aux récentes critiques allemandes, Louis Gallois a défendu le projet de son successeur désigné Thomas Enders, pourtant de nationalité allemande, de domicilier davantage d’activités du groupe à Toulouse, où se trouve le siège d’Airbus. Peter Hintze, coordinateur de l’aéronautique et de l’espace au sein du gouvernement allemand, a écrit à Thomas Enders pour réclamer qu’EADS domicilie au contraire davantage d’activités en Allemagne.
«Cette lettre n’est certainement pas appropriée et certainement pas en conformité avec la gouvernance d’une entreprise cotée», a déclaré Louis Gallois, assurant qu’«avec Thomas Enders et le comité exécutif, nous travaillons tous sans drapeau sur la table. Personne dans l’entreprise ne veut que cela change».
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