Le contexte politique ralentit la prise de décision sur le dossier Veolia Transdev
Ouverte en décembre 2012, la réorganisation du capital de Veolia Transdev, la société de transports en commun détenue conjointement par Veolia et la Caisse des dépôts, avance à petits pas. Vendredi, Le Figaro révélait l’intérêt du groupe familial allemand Rethmann pour Veolia Transdev, confirmant ainsi les propos tenus quelques jours auparavant par la direction de Veolia sur la présence d’un second candidat au processus, en plus du fonds Cube Infrastructure. Rethmann, via sa filiale Remondis, a déjà tenté de rentrer sur le marché français des services aux collectivités en 2010 lors du renouvellement du contrat de l’eau en Ile-de-France. Mais il avait été battu par Veolia. Aucune des parties concernées n’a souhaité faire de commentaire.
Veolia cherche depuis des mois à diminuer sa part au capital de Veolia Transdev. Un temps envisagée, la voie de l’introduction en Bourse a été annulée. L’opération passerait néanmoins toujours par l’entrée au capital de nouveaux actionnaires, via une levée de fonds, à laquelle a prévu de participer la Caisse des dépôts. Le Figaro évoque la somme de 800 millions d’euros. Lors des premières réflexions sur l’introduction en Bourse, le chiffre tournait au-delà du milliard d’euros.
Ce schéma aurait un double avantage. D’une part, il permettrait de financer les investissements de Veolia Transdev, d’environ 500 millions par an, alors que la filiale peine à dégager des cash-flows suffisants et que sa dette représente déjà près de 4 fois son excédent brut d’exploitation. D’autre part, il diluerait automatiquement la présence de Veolia au capital ce qui contribuerait à accélérer son désendettement. La dette de Veolia Transdev pesait pour 1 milliard d’euros dans le bilan 2011 du groupe.
Arrêté dans ses grands principes, le processus devrait encore prendre quelques mois. Le changement de gouvernance à la tête de la CDC ralentit la prise de décision. Ensuite, les contours de Veolia Transdev devront être ajustés pour faciliter l’entrée de nouveaux investisseurs. Le groupe s’est par exemple engagé à garder dans son giron la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM). Mais compte tenu des difficultés de l’entreprise de transports maritimes et des risques sociaux, Veolia espère obtenir un soutien de l’Etat. Le changement de gouvernement va, là aussi, ralentir la prise de décision.
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