Le conseil d’Orange va décider du sort de Stéphane Richard à la tête du groupe
Après la mise en examen hier de Stéphane Richard pour escroquerie en bande organisée, son avenir à la tête de l’opérateur historique est plus que jamais en question. Si le ministre du Redressement productif a estimé la semaine dernière que le PDG d’Orange devait démissionner s’il était mis en examen, Stéphane Richard avait répondu avoir eu l’assurance de François Hollande de rester à son poste. Un conseil d’administration devrait trancher. Les services du Premier ministre ont annnoncé hier soir que le conseil d’Orange se réunira «dans les prochains jours».
«C’est le conseil qui a nommé Stéphane Richard à sa fonction de président et c’est à lui que revient le choix éventuel de nommer parmi ses membres un autre président, estime Véronique Bruneau-Bayard, directrice du pôle conseil en gouvernance chez Labrador. Dans de nombreuses sociétés, il existe un vice-président du conseil, ce qui permet de parer l’urgence, notamment en cas de décès subit du dirigeant». Le conseil devra communiquer rapidement. L’action a perdu 2,1% depuis le placement en garde à vue du PDG lundi. L’avocat de Stéphane Richard a fait part hier soir de son intention de déposer un recours contre la mise en examen de son client.
D’autres grands patrons ont été mis en examen dans le passé, mais n’ont pas démissionné pour autant. Toutefois, «cette situation est inédite, un dirigeant du CAC 40 est mis en cause en raison de ses activités antérieures, et non en tant que mandataire social», rappelle Véronique Bruneau-Bayard.
Dans le cadre d’une bonne gouvernance, «Stéphane Richard devrait prendre l’initiative de poser la question de confiance au conseil d’administration de qui il tient son mandat, mais aussi au comité d’entreprise», estime Colette Neuville, présidente de l’Adam. En l’absence de procédure contradictoire et de jugement, une sanction semblerait injustifiée. Toutefois, le conseil doit prendre ses responsabilités et apprécier la situation, au regard si possible du procès-verbal de la garde à vue. C’est au conseil de décider si, dans l’intérêt de la société, il convient de conforter la position de Stéphane Richard en lui renouvelant explicitement sa confiance ou au contraire de la lui retirer».
Cependant, «l’Etat actionnaire se trouvera dans une situation délicate vis-à-vis de Stéphane Richard s’il se porte partie civile dans l’affaire Tapie, explique Véronique Bruneau-Bayard. Il risque d’y avoir un vrai conflit d’intérêts». L’Etat détient 27% du capital d’Orange, et avec le FSI, dispose de trois sièges au conseil.
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