Le combat pour le contrôle du négoce sur matières premières rebondit en Australie

Le cours de GrainCorp a bondi au-delà du prix offert par l’américain ADM, qui propose 2,1 milliards d’euros, laissant penser qu’il y aura surenchère
Benoît Menou

L’américain Archer Daniels Midland (ADM) a vraisemblablement ouvert le jeu d’une nouvelle bataille boursière. Cette nouvelle manche porte sur le contrôle du négoce mondial de matières premières et se tient en Australie, où ADM a jeté son dévolu sur le spécialiste local des céréales, GrainCorp.

L’offre en numéraire d’ADM valorise la cible à 2,7 milliards de dollars australiens, l’équivalent de 2,1 milliards d’euros. Le prétendant n’a ainsi pas perdu de temps trois jours après avoir annoncé vendredi avoir pris une part de 14,9% du groupe australien en envisageant une offre sur la totalité du capital. L’américain a sans doute estimé qu’il convenait d’abattre la première carte.

Les opérateurs boursiers ont certes clairement exprimé leurs espoirs d’une meilleure valorisation de GrainCorp, le titre bondissant de 39% hier à Sydney à un record de 12,30 dollars, au-delà des 11,75 dollars offerts par ADM. Le conseil d’administration de la société convoitée a indiqué devoir étudier la proposition d’ADM.

La liste des acteurs potentiellement intéressés par le dossier est longue. A en croire l’analyste Stuart Jackson de JPMorgan, elle inclut les grands noms du secteur, notamment Louis Dreyfus Commodities, Bright Foods, Cargill, Bunge, Wilmar (dont ADM détient 16%), Olam, Noble Group ou Cofco.

Certes, la maîtrise des exportations australiennes de blé (le pays occupe le deuxième rang mondial), particulièrement vers l’Asie, a de quoi éveiller l’intérêt. Et alors que l’an passé les revenus de GrainCorp issus de l’Asie ont doublé, ADM réalisait plus de la moitié de ses ventes aux Etats-Unis. Le groupe australien apparaît qui plus est comme l’un des rares acteurs de poids encore indépendants, ce qui renforce la «valeur stratégique» de ses actifs aux yeux de Mark Wilson chez Deutsche Bank.

L’offre d’ADM représente pour l’heure 12 fois le résultat net annuel attendu de sa cible à fin mars prochain, et 8 fois son excédent brut d’exploitation là où les transactions comparables récentes offraient un multiple supérieur à 10 selon Bloomberg.

Sur la base des transactions passées impliquant le canadien Viterra (dont son rachat par Glencore après l’abandon d’ADM) JPMorgan valorise le titre de 11,88 à 13,43 dollars. Chez RBS Morgans, Belinda Moore, pour qui la guerre des offres est déclarée, valorise le titre GrainCorp à 12,70 dollars y compris une prime de contrôle de 30%.

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