Le collège de l’AMF requiert 1,1 million d’euros contre le PDG de Belvédère
Audience houleuse hier à la commission des sanctions de l’AMF. Deux griefs étaient retenus: le manquement à la bonne information du public à l’encontre des sociétés Belvédère, Financière du Vignoble, Polmos Lancut SA et Sobieski et de Jacques Rouvroy, PDG de Belvédère; et la manipulation de cours à l’encontre de Jacques Rouvroy.
Le collège a demandé une sanction limitée à 20.000 euros pour chacune des quatre sociétés en cause, en raison de leur situation financière actuelle. En revanche, le collège requiert 100.000 euros contre Jacques Rouvroy au titre du défaut d’information et 1 million d’euros au titre de la manipulation de cours. Un montant qui n’est que 10% du plafond légal, rappelle le représentant du collège, en raison de l’absence d’enrichissement personnel.
Des sanctions «soviétiques», pour le rapporteur de la commission des sanctions. «Il y a vraiment de quoi s’énerver, a explosé Jacques Rouvroy. Je ne peux pas l’accepter». Son avocat invite à prendre en compte la situation financière de son client, dont le seul patrimoine serait limité à sa maison (500.000 euros), son salaire net (29.000 euros par mois) et 11% du capital de Belvédère (21 millions d’euros au cours actuel), mais ces titres sont nantis au profit de BNP Paribas, créancier de Belvédère.
«J’ai peut-être commis des erreurs, finit pourtant par avouer Jacques Rouvroy. Je veux bien l’admettre et je demande l’indulgence». Auparavant, malgré les demandes appuyées et réitérées de la présidente Claude Nocquet, Jacques Rouvroy ne répondait pas aux griefs, se justifiant par la défense de Belvédère et de ses salariés face aux «fonds vautours» ou «voyous», selon son avocat Alain Ribeyre.
De fait, les rôles étaient inversés, puisque Jacques Rouvroy a exposé ses remontrances à l’encontre du régulateur. Pour lui, le refus de l’AMF d’accéder à sa demande de suspension de cotation de Belvédère pendant la sauvegarde – comme elle le fait habituellement, selon Alain Ribeyre – est la cause de tous ses maux. «Je ne savais pas que l’Allemagne nazie existait encore», a déclaré Jacques Rouvroy. «La sauvegarde n’est pas une cause de suspension des cours, a rétorqué le représentant du collège. Sinon, c’est de l’économie soviétique, vous bloquez les actionnaires».
Il faudra encore attendre un mois avant de connaître l’éventuelle sanction.
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