Le chinois CIC profite de la crise chez Uralkali pour s’inviter au capital
La Chine sécurise son accès au marché de la potasse, engrais stratégique pour le secteur agricole, et dont elle achète environ un cinquième des volumes mondiaux chaque année.
Le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) a profité de la crise chez Uralkali pour se glisser au capital du premier producteur mondial de potasse. Grâce à la conversion d’obligations détenues par sa filiale Chengdong Investment Corp, CIC détient désormais 12,5% du groupe russe, ce qui en fait le deuxième plus gros actionnaire après les 21,75% logés dans la fondation de l’oligarque Souleïman Kerimov. Ses partenaires Filaret Galtchev et Anatoly Skourov détiennent respectivement 7% et 4,8% d’Uralkali.
La part de CIC pourrait monter à 14% l’an prochain, après l’annulation par le groupe russe d’une partie de ses actions détenues en auto-contrôle. La participation combinée des trois oligarques montera à 38%.
Les obligations convertibles avaient été émises en novembre 2012 au profit de Chengdong Investment Corp par Wadge Holdings, la société des trois principaux actionnaires du groupe russe. Selon une source proche de l’opération citée par Reuters, leur conversion aurait été déclenchée par le passage de la capitalisation boursière d’Uralkali sous le seuil de 20 milliards de dollars.
La valeur d’Uralkali s’est effondrée de plus de 30% en plein cœur de l’été à la suite de la rupture brutale de son alliance commerciale avec son voisin biélorusse Belaruskali. En plus de déclencher une violente crise diplomatique entre la Russie et la Biélorussie, la disparition de ce duopole, qui contrôlait à lui seul les deux tiers du marché mondial de la potasse estimé à plus de 20 milliards de dollars, a provoqué une chute brutale des prix.
Les investissements directs de la Chine dans les matières premières russes sont relativement rares. Le mouvement du CIC viserait ainsi à prévenir le risque d’une recomposition plus large du capital d’Uralkali. La crise dans le secteur pourrait en effet inciter Souleïman Karimov à céder sa participation, sous le regard attentif de Moscou. Uralkali est «une entreprise qui pourrait être rachetée par un grand nombre d’investisseurs russes et étrangers», a déclaré en début de semaine Igor Chouvalov, premier vice-Premier ministre du gouvernement russe.
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