Le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom va chuter de 10% en 2012
L’arrivée de Free dans la téléphonie mobile mi-janvier fait des dégâts. Bouygues Telecom prévoit une chute de 10% de son chiffre d’affaires en 2012. Celui-ci devrait tomber à 5,14 milliards d’euros, contre 5,74 milliards en 2011 (+2%). Il s’agit de la première baisse significative du chiffre d’affaires annuel de Bouygues Telecom depuis sa création en 1994.
Un peu plus de la moitié de la perte de chiffre d’affaires, 350 millions d’euros, proviendra de la baisse des terminaisons d’appels, le tarif régulé par l’Arcep que facture le groupe aux autres opérateurs lorsque leurs clients appellent un abonné Bouygues Telecom. Le solde du manque à gagner est à mettre sur le compte du développement des abonnements vendus sans téléphone mobile et sur «l’arrivée du nouvel entrant en début d’année».
Martin Bouygues, le président éponyme du groupe, et Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues Telecom, devraient préciser ce matin, lors d’une conférence de presse, les conséquences chiffrées de l’arrivée de ce nouveau concurrent. La semaine dernière, Orange avait indiqué que sa base d’abonnés mobiles en France avait baissé de 0,7% au 15 février 2012. L’effet sur la marge opérationnelle (Ebitda) de Bouygues Telecom de cette chute de chiffre d’affaires risque d’être marquée. La marge a déjà plié de 2 points en 2011 à 22%, en dépit d’une hausse de 2% du chiffre d’affaires.
Ce repli aura des conséquences directes sur le bénéfice de Bouygues, les télécoms étant le premier contributeur aux résultats: 39% de l’Ebitda et de la capacité d’autofinancement en 2011. «Un plan d’économies de coûts devra être mis en œuvre en 2012», prévient d’ailleurs la direction de Bouygues, sans en préciser le montant.
Seules satisfactions, le chiffre d’affaires 2012 des autres métiers devrait progresser de 2% pour la construction, de 1% pour Colas, et rester stable pour TF1 et dans l’immobilier. Au total, le chiffre d’affaires annuel de Bouygues devrait plier de 1% à 32,35 milliards d’euros.
Avec cette prévision, et l’annonce de ce plan d’économies, Martin Bouygues ne devrait pas manquer de rappeler «la destruction de valeur» qu’engendre l’arrivée de ce nouvel entrant sur le marché de la téléphonie mobile. Dès 2009, l’opérateur avait annoncé un gel des embauches dans sa filiale pour préparer l’arrivée de Free Mobile. Une annonce également de mauvais augure pour Vivendi et sa filiale SFR, dont les résultats seront publiés demain matin.
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