Le CAC 40 se prépare à une opération vérité pour la valeur de ses actifs
Les années inédites continuent. Après un exercice 2020, où les sociétés ont subi de plein fouet la crise Covid, celui de 2021 a été marqué par de nouveaux records, notamment en matière de rentabilité, de survaleurs au bilan et de faiblesse de la dette, selon le «Profil financier du CAC 40» d’EY. L’an dernier, les sociétés du CAC ont enregistré un chiffre d’affaires cumulé de 1.431 milliards d’euros (+20,6% sur un an), dépassant le plus haut de 2019 (1.391 milliards). La marge opérationnelle a atteint un record à 12,6%, contre 9,9% en 2019 et 8,4% en 2020, grâce à la hausse des prix de vente et à la progression des volumes.
Avec le rebond des Bourses de l’an dernier, le CAC 40 capitalisait 2.379 milliards d’euros fin 2021 – contre 1.795 milliards un an plus tôt – dont 53% d’incorporels non comptabilisés. Une proportion qui n’avait pas été atteinte depuis 2007. La totalité des incorporels, inscrits ou non au bilan, approche les 2.000 milliards, «signe de la reconnaissance du marché pour les marques, brevets, savoir-faire et des goodwills qui incluent les développements futurs», se félicite Nicolas Klapisz, associé EY et auteur de l’étude.
Des prix d’achat à justifier
Les goodwills dépassent pour la première fois la barre des 400 milliards, à 444 milliards d’euros. «Un niveau lié aux acquisitions des années antérieures, réalisées souvent à des prix élevés, explique Nicolas Klapisz. Les émetteurs devront tester ces survaleurs en fin d’année, voire fin juin, avec pour enjeu majeur de prouver que le prix d’achat était justifié. Les régulateurs devraient d’ailleurs faire preuve d’une vigilance particulière en la matière.» D’autant que les dépréciations d’actifssont tombées l’an dernier à un plus bas de 10 ans à 9,2 milliards d’euros, dont 52% de goodwills, contre plus de 21 milliards en 2020 ! En effet, «les tests ont été réalisés sur la base de business plans qui étaient solides, grâce à des prévisions bien orientées, poursuit Nicolas Klapisz. Si tous les signaux étaient bien orientés l’an dernier, les choses sont désormais plus incertaines…».
En revanche, le niveau d’endettement du CAC 40 rassure. La dette nette cumulée des sociétés du CAC 40 (hors financières et foncières) tombe à un plus bas de 152 milliards, contre 199 milliards fin 2019. «Avec une dette réduite grâce aux bonnes performances opérationnelles, et refinancée récemment avec des taux aux plus bas, les entreprises sont armées pour faire face aux incertitudes qui arrivent», anticipe Nicolas Klapisz.
Les investissementsinternes sont revenus au niveau de 2018-2019 à 72 milliards d’euros, mais restent inférieurs aux 80 à 90 milliards du début des années 2010. «La prudence reste de mise. Les sociétés ont mis l’accent sur la croissance externe, qui a représenté la moitié de la progression du chiffre d’affaires», rappelle Nicolas Klapisz.
Les excellents résultats nets 2021 n’ont pas pour autant fait bondir les dividendes, avec un taux de distribution passé de 51% en 2020 à 44% en 2021. «Les grands groupes privilégient une distribution régulière, avec une stabilité du pay-out ratio sur longue période», constate EY.
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